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Critiques / Jeune Public

Louise /les ours De Karin Serres

par Dominique Darzacq

Le rêve et la réalité

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La difficulté de grandir est un des thèmes que ne cesse d’inspirer, avec plus ou moins de bonheur, le théâtre en direction du jeune public. Avec Louise/ les ours, Karin Serres nous en propose une variation dans laquelle, à travers une des figures symboliques de l’enfance, le fantasme bouscule la réalité. Louise, petite fille de 11 ans, vit au Canada avec son père et sa sœur. Un soir, alors qu’elle attend sur le bord du trottoir le moment de traverser, elle remarque, derrière elle, un ours blanc transparent. Il la suit, ne la quitte plus. Elle l’accueille chez elle, en fait son confident, son compagnon de jeu. Le problème est qu’elle est la seule à le voir. L’affaire se corse quand son père, sa sœur, et tous les gens du quartier sont à leur tour flanqués d’un ours. Le fertile imaginaire de la petite fille se heurte à l’incompréhension de sa sœur qui n’a plus l’âge de cajoler des ours, mais celui du flirt et de la techno, et qui la déclare folle. Son père, qui sans doute, appartient à la catégorie des parents qui ont lu les bons psychanalystes, se montre plus compréhensif, et même se prête au jeu.

La glace et le temps qui passe

Entre moqueries de la sœur et tendresse du père, au fil des jours et des incidents, les ours vont disparaître et Louise qui a grandi pourra traverser seule la grande route à quatre voies.
Il est dommage que l’histoire de Louise, bien troussée avec une plume trempée d’humour, n’ait pas mieux inspiré Patrice Douchet dont la mise en scène paresseuse, est plus soucieuse de se couler dans le moule « jeune publlic » que de se risquer vers le fantastique. Du coup, c’est l’imaginaire du public qui reste en rade. Seul un mur de glace qui fond au fil de la représentation figure avec une certaine poésie, à la fois le paysage, le temps qui passe et la traversée de Louise vers la maturité. Cette belle métaphore de l’esquive et du passage méritait plus d’invention.

Louise/ les ours de Karin Serres, mise en scène Patrice Douchet avec Marjolaine Baronie, Laurent Fraunié, Cécile Métrich.
Théâtre de l’Est Parisien, tel 01 43 64 80 80
Jusqu’au 30 mai 2008. A partir de 7 ans
Durée : 1h30

crédits photographiques : Dominique Journet

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