L’Enlèvement au sérail de Mozart au Théâtre des Champs-Élysées jusqu’au 12 juin
Un enlèvement peu enlevé mais abouti
Une bonne distribution vocale fait l’appoint d’une mise en scène anodine.
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- 7 juin
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SINGSPIEL POURVU DE DIALOGUES PARLÉS (comme il se doit), L’Enlèvement au sérail (Die Entführung aus dem Serail) investit la nouvelle production du Théâtre des Champs-Élysées. Pour l’occasion, les dialogues ont été maintenus quelque peu raccourcis (bonne chose) et la musique est telle que. Hors une petite introduction instrumentale (puisée à un extrait du Quatuor « Les Dissonances » du même Mozart) ajoutée et dont on se serait bien passé. De la turquerie, racontant les déboires d’une héroïne enlevée par un pacha que son amant entend libérer, reste ainsi la musique. Car la mise en scène, de Florent Siaud, présente un décor anodin (de vastes éléments abstraits tournants) tout comme les représentations et les interventions des protagonistes en habits de tous les jours d’aujourd’hui (et non plus sans trace d’orientalisme). Soit ! Mais ainsi l’action, voire le pittoresque, de la trame s’ébrouent paresseusement.
Musicalement bien en place
Admettons. D’autant que musicalement les choses sont bien en place. Surtout pour le plateau vocal, bien choisi. La soprano Jessica Pratt présente une Konstanze (l’héroïne capturée) d’excellent aloi, d’une voix emportée digne de son grand et bel air du deuxième acte. Elle s’acquitte tout aussi grandement de son grand duo avec Belmonte (son promis, Espagnol comme elle, qui entend la libérer), ce dernier servi par la voix bien trempée du ténor Amitai Pati. Ainsi, les deux rôles principaux figurent ardemment campés.
Les autres rôles répondent aussi pleinement à leur office, dont le ténor Brenton Ryan pour Pedrillo (le valet de Belmonte). La basse Ante Jerkunika et la soprano Manon Lamaison ne sont pas en reste de bonne facture pour Osmin (le pacha amoureux de l’héroïne) et Blonde (l’amante de Pedrillo). Le chant est ainsi bien restitué, comme aussi les passages parlés (le tout en langue allemande, bien sûr), dont le comédien Uli Kirsch pour le rôle parlé de Selim (le pacha magnanime). Bonne distribution en bonne phase avec son propos et ses tessitures.
Le chœur accentus intervient avec justesse pour ses quelques apparitions. Alors que l’orchestre Insula Orchestra, sur instruments d’aujourd’hui accompagne sous coup férir, mené par la battue assez uniforme de sa directrice Laurence Equilbey. Pour un Enlèvement au sérail de répertoire, bien porté sans bouleverser ledit répertoire.
Illustrations : photos Vincent Pontet/dr
Mozart : L’Enlèvement au sérail. Avec Jessica Pratt (Konstanze), Amitai Pati (Belmonte), Brenton Ryan (Pedrillo), Ante Jerkunika (Osmin), Manon Lamaison (Blonde) et Uli Kirsch (Selim). Chœur accentus, Insula Orchestra, dir. Laurence Equilbey. Mise en scène : Florent Siaud. Paris, Théâtre des Champs-Élysées, 6 juin.
Prochaines représentations : 8, 10 et 12 juin 2026.



