Brundibár de Hans Krása à l’Opéra-Comique jusqu’au 8 juin
Un opéra pour enfants né dans un contexte des plus tragiques
La Maîtrise Populaire de l’Opéra-Comique est parfaitement à l’œuvre pour ce spectacle combinant Brundibár et d’autres pages musicales.
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- 5 juin
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Brundibár avait été créé pendant l’hiver 1942-1943 de façon presque clandestine (à la suite de l’occupation par l’Allemagne nazie de la Tchécoslovaquie) dans un orphelinat juif de Prague 1943, puis repris le 23 septembre 1943, dans une nouvelle version, dans le camp d’internement de Terezín. Son compositeur, le Tchèque Hans Krása (né en 1899) devait périr peu après, gazé à Auschwitz en 1944. Un contexte tragique, dont le livret de cette fable pour enfants (signée par l’auteur tchèque Adolf Hoffmeister) porte la trace. Puisque cette histoire met en scène Brundibár, bonimenteur et tyran menaçant comme une image d’Hitler, opposé à des enfants qui vont l’affronter et finir par le vaincre.
Les deux partitions de l’opéra ont été conservées, et c’est ainsi que depuis l’œuvre, sur une musique combinant chansons populaires et accents de faux jazz, a été reprise dans différentes maisons musicales. À l’Opéra-Comique, il a été choisi la deuxième version pour treize musiciens, sur une traduction en français du livret (originellement en tchèque). En outre, comme la duré de l’œuvre ne dépasse pas la demi-heure, il a été adjoint différentes petites pages vocales d’autres compositeurs (Poulenc, Janáček, Henri Martinet – Petit Papa Noël – et Ilse Weber pour une chanson écrite elle aussi dans le ghetto). Par ailleurs, s’ajoute aussi un petit conte parlé (de Jean-Claude Grumberg). Puisqu’il fallait bien faire des choix… La mise en scène de l’ensemble est due à Muriel Mayette-Holtz et Jean-Claude Berutti. Mais c’est surtout la Maîtrise Populaire de l’Opéra-Comique qui est à son affaire et ses enfants et adolescents chanteurs (en chœur ou en solistes). La fosse d’orchestre revenant aux instruments des Frivolités Parisiennes, le tout sous la direction de Louis Langrée (directeur de la maison).
Attachant spectacle, également par son message de portée éternelle
La mise en scène joue d’une situation de salle classe avec un décor de circonstance, bien en rapport avec le propos, pour des enfants s’ébattant dans des costumes bariolés, parfois nimbés de grands masques en formes animalières ou figuratives de personnages. Assez bien vu ! On regrette seulement le passage parlé, du petit conte en question, qui fait longueur d’autant que les protagonistes enfants devenus comédiens le débitent plutôt lourdement (malgré leurs petits micros de tête).
Musicalement, le résultat répond à son office. Les petits chanteurs interprètent avec allant, en chœur et y compris pour leurs solistes (dont, pour les rôles de Pepíček, Aninka, les enfants héros de l’histoire, et de Brundibár lui-même). Les Frivolités Parisiennes sont aussi bien à l’œuvre tout comme la direction de Louis Langrée. Un spectacle attachant, également par son message de portée éternelle, qui clôt avec succès la saison lyrique de l’Opéra-Comique avant sa fermeture d’une année pour travaux et des spectacles promis dans différents autres lieux*.
Illustrations : photos Stefan Brion (dr)
Hans Krása : Brundibár ; pages vocales de Francis Poulenc, Leoš Janáček, Henri Martinet et Ilse Weber. Maîtrise Populaire de l’Opéra-Comique, Les Frivolités Parisiennes, dir. Louis Langrée. Mise en scène : Muriel Mayette-Holtz et Jean-Claude Berutti. Paris, Opéra-Comique, 3 juin.
Prochaines représentations : 6, 7 et 8 juin 2026.



