La Calisto au Théâtre des Champs-Élysées le 4 mai
Dans des conventions d’époque
Pour sa reprise à Paris, la production de l’opéra La Calisto de Cavalli séduit à bien des égards.
- Publié par
- 5 mai
- Critiques
- Opéra & Classique
- 0
-

CRÉÉE À VENISE EN 1651, La Calisto de Francesco Cavalli figure un opéra emblématique des premiers temps de l’art lyrique après Claudio Monteverdi. Sur un livret inspiré des Métamorphoses d’Ovide, narrant des soubresauts amoureux avec Jupiter épris de la nymphe Calisto et pour ce faire déguisé en Diane, ce dramma per musica évolue dans des phases changeantes entre lamento et canzonetta voguant du tragique au comique. Le recitar cantando demeure cependant la facture la plus omniprésente. La production provient ici, au Théâtre des Champs-Élysées, de celle créée en juillet 2025 au Festival d’Aix-en-Provence ensuite l’objet d’une tournée dans différentes maisons d’opéra.
La mise en scène, de Jetske Mijnssen, évite une mise au goût du jour contemporaine (travers fréquent dans les actuelles productions d’opéra) pour situer l’action à l’époque de l’œuvre, au XVIIe siècle (quelque peu revu façon XVIIIe siècle), en particulier pour ses costumes mais aussi pour ses gestiques et mouvements dansés de facture baroque. Heureuse chose par les temps qui courent ! L’action n’en est pas moins judicieusement campée à l’égard des interventions des différents protagonistes, sur un sobre décor de salon pourvu d’un plateau tournant.
Cavalli peu ou prou
La distribution vocale reprend essentiellement celle de sa création aixoise, sauf pour les deux rôles, importants, de Jupiter et de Diane. Elle concorde tout à fait au propos, dans des voix bien placées, notamment pour le sombre baryton Milan Siljanov (Jupiter), la judicieuse soprano Lauranne Oliva (Calisto), les adaptées mezzos Sun-Ly Pierce (Diane) et Anna Bonitatibus (Junon), l’élégant contre-ténor Paul-Antoine Bénos-Djian (Endymion) et l’éminent ferme ténor Petr Nekoranec (Pan). Et tous de bien s’accorder dans les quelques (rares) ensembles qui leur échoient. À la tête de la vingtaine d’instrumentistes de la formation baroqueuse de son Ensemble Correspondances, Sébastien Daucé mène la (longue) soirée avec l’allant de circonstance. Et ce en dépit d’un envahissant récitatif qui pourrait faire passer le temps long.
Au chapitre des reproches, il convient de souligner que Daucé ne s’est pas contenté de la partition telle que, du moins telle que l’on a pu la récupérer, mais a ajouté des extraits musicaux provenant de différents compositeurs italiens contemporains (non moins de huit compositeurs dont Cavalli pour d’autres ouvrages !), notamment au prétexte de la musique manquante des ballets. Alors que la soirée (de trois heures sans l’entracte), est déjà, comme nous disions, suffisamment longue. La Calisto de Cavalli, peu ou prou !
Illustrations : photos Monika Ritterhaus
Francesco Cavalli : La Calisto. Avec Milan Siljanov (Jupiter), Lauranne Oliva (Calisto), Sun-Ly Pierce (Diane), Anna Bonitatibus (Junon), Paul-Antoine Bénos-Djian (Endymion), Petr Nekoranec (Pan), etc. Mise en scène : Jetske Mijnssen. Ensemble Correspondances, dir. Sébastien Daucé. Paris, Théâtre des Champs-Élysées, 4 mai.
Reprises : au Théâtre des Champs-Élysées le 6 mai, au Théâtre de Caen les 20 et 21 mai 2026.



