Le Code B.A.C.H. de Pierre Charvet

Quand sont révélés les mystères de L’Art de la fugue de Bach

Le livre de Pierre Charvet mène l’enquête approfondie et révélatrice d’un « des plus fabuleux mystères de l’Histoire de la musique » (dixit).

Quand sont révélés les mystères de L'Art de la fugue de Bach

Daté de la fin de la vie de Bach, L’Art de la fugue n’a cessé d’interroger mélomanes et musicologues. D’une même cellule thématique, jaillissent quatorze fugues et quatre canons, ou plutôt une seule et immense fugue en quinze chapitres, simple, renversée, par diminution, par augmentation, sans précision d’instrumentation… Elle s’achève, ou plutôt semble s’achever, par une citation du nom du compositeur : B (si bémol), A (la), C (do), H (si), selon la notation musicale allemande. Elle ne fut jouée pour la première fois qu’en 1924, soit cent soixante-quatorze ans après la mort de Bach.

Pierre Charvet, compositeur éclectique, délégué à la création musicale de Radio France et ancien directeur adjoint de France Musique, s’est donc attaqué à ce sujet dans son livre Le Code B.A.C.H. En quelques 80 pages, il détaille les circonstances et les correspondances des mystères de L’Art de la fugue. Il révèle ainsi que plusieurs signes dans le manuscrit de l’œuvre confirment que Bach n’avait pas l’intention de poursuivre l’écriture de sa partition. Au contraire de l’assertion courante disant qu’il l’avait abandonnée et n’avait pas donné de fin à son œuvre (en raison de son état de santé maladif). Il signale aussi que les thèmes utilisés par Bach forment une sorte de synthèse dans sa dernière fugue. Comme il signale que ce n’est pas un hasard si la partition s’interrompt précisément au moment même où Bach la signe de son nom. Il précise aussi combien l’œuvre se définit par rapport à sa structure, qui repose sur des proportions construites autour de chiffres dits « fétiches ». Ou autant de mystères et de secrets de l’œuvre révélés, qui ont attendus près de trois siècles (Bach est décédé en 1750, peu après son œuvre) et de multiples gloses pour être enfin énoncées avec clarté.

En passant, au long de son fourmillant ouvrage, Pierre Charvet détaille aussi d’autres mystères chez les compositeurs Dimitri Chostakovitch, Edward Elgar, Alban Berg et même chez Léonard De Vinci. Comme autant de mystères résorbés. Et l’œuvre la plus ambitieuse de Bach devient un acte volontaire, comme : « une nouvelle et dernière énigme et une ouverture sur l’infini » selon les mots de l’auteur.

Illustrations : dr

Pierre Charvet : Le Code B.A.C.H., Le Mot et le reste éditeur, 2026, 90 p., 15 euros.

A propos de l'auteur
Pierre-René Serna
Pierre-René Serna

Journaliste et musicographe, Pierre-René Serna entretient plusieurs activités paramusicales (organisation de colloques, rédaction de programmes de concerts et d’opéras, conférences, production d’émissions radiophoniques) et collabore à différents...

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