Mélodies en duo au Studio Bastille le 30 avril

Très original programme de mélodies françaises

Les mezzos Marie Degodet et Marie-Cécile Chevassus distillent avec ferveur un récital bien porté par le piano de Filippos Rizopoulos.

Très original programme de mélodies françaises

CONCERT-RENCONTRE, ainsi s’intitule la série de concerts de l’Opéra de Paris dont ce récital donné dans le Studio de l’Opéra Bastille. Pour l’occasion, deux mezzos venues du Chœur de l’Opéra de Paris, Marie Degodet et Marie-Cécile Chevassus, s’associent pour livrer des duos de mélodies françaises du XIXe siècle accompagnées au piano. Berlioz est à l’honneur avec trois pièces : le modulant La Mort d’Ophélie d’après Shakespeare, et deux fines romances de jeunesse Pleure, pauvre Colette et Le Montagnard exilé. César Franck (Les Danses de Lormont et La Chanson du vannier), Massenet (Rêvons, c’est l’heure d’après Verlaine et la bondissante Joie) et Duparc (Chanson triste) suivent, entrecoupés des deux compositrices Cécile Chaminade (Ma première lettre, Duo d’étoiles titre de circonstance !) et Pauline Viardot (grande amie de Berlioz, Rêverie), mais aussi du rare compositeur Louis Bordèse (Luigi Bordese à sa naissance en Italie, mais ayant fait carrière à Paris, La Clé des champs). Soient douze pages représentatives de cet art mélodique du XIXe siècle français. S’ajoute en bis, réclamé par un public enthousiaste qui remplit entièrement le petit studio annexe de l’Opéra Bastille à l’acoustique des mieux appropriée, Poème d’amour de Massenet. Donc, onze duos et deux solos pour chacune des chanteuses (Ma première lettre de Chaminade et la célèbre Chanson triste de Duparc). Ou un panorama varié de la mélodie française.

L’ensemble séduit malgré quelques détails

Marie Degodet lance sa voix aux accents de soprano parfois avec puissance. Marie-Cécile Chevassus lui tient louable compagnie, dans une tessiture plus grave sans emportements. Bonne interprétation, dont on regrette seulement le caractère uniforme et dont on aurait goûté davantage de nuances (piano ou pianissimo). Devant son grand piano de concert de type Steinway, alors qu’on aurait peut-être mieux souhaité un piano léger de facture Érard (plus conforme au style voulu par ces pages), Filippos Rizopoulos (par ailleurs chef de chant à l’Opéra de Paris) accompagne d’un doigté sûr. Hélène Pierrakos (pour rester dans des appellations d’origine grecque !), fait transition pour pointer, dans sa présentation verbale des mieux venues, le caractère spécifique de chacune des pièces. Bonne chose ! D’autant que le programme de salle, d’un simple petit feuillet, ne donne pas les textes des poèmes mis en musique (ni les noms de leurs auteurs). Lacune regrettable. Mais l’ensemble séduit par son propos musical hors des habitudes courantes de récitals pour chanteurs.

Illustration : un montagnard presque exilé (Le Col du Selvio par William Brockedon, 1828 ; dr)

Duos et solos de Hector Berlioz, César Franck, Jules Massenet, Henri Duparc, Cécile Chaminade, Pauline Viardot et Louis Bordèse. Marie Degodet et Marie-Cécile Chevassus (mezzos), Filippos Rizopoulos (piano). Paris, Studio de l’Opéra Bastille, 30 avril 2026.

A propos de l'auteur
Pierre-René Serna
Pierre-René Serna

Journaliste et musicographe, Pierre-René Serna entretient plusieurs activités paramusicales (organisation de colloques, rédaction de programmes de concerts et d’opéras, conférences, production d’émissions radiophoniques) et collabore à différents...

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