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Louis Jouvet, un homme de science du théâtre : les années d’apprentissage de Paul-Louis Mignon

par Dominique Darzacq

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« Ce livre est l’aboutissement d’une longue fréquentation de l’œuvre de Jouvet, dont la renommée cinématographique a pu masquer le sens profond. », explique Paul-Louis Mignon, qui, pendant quarante ans, fut un observateur attentif de la vie théâtrale et des recherches qui ont marqué l’art dramatique depuis la seconde guerre mondiale. Critique, notamment à France Inter (1947-1985), initiateur et animateur de l’émission de télévision « Les Trois coups », et dont la disparition n’a jamais pu être comblée, Paul-Louis Mignon a également consacré plusieurs ouvrages à des personnalités marquantes du théâtre contemporain de Jean Dasté à Salacrou en passant par Jean-Louis Barrault et Louis Jouvet.
Avec « Louis Jouvet qui êtes-vous, » il brossait le portrait d’un homme de théâtre dont « toute l’action a été commandée par la plus haute ambition artistique » et qui n’a pas seulement « incarné la noblesse d’un artisanat qui est aussi un art, mais en a été la conscience ».

Les apprentissages comme révélateur d’un destin

Si Paul-Louis Mignon, revient aujourd’hui une fois encore à Louis Jouvet, avec qui jeune critique « il noua des relations de confiance » c’est que pour lui, dans le cheminement de « son apprentissage se sont révélés les dons rares qui ont fixé le destin » de celui que Christian Bérard définissait comme « un homme de science du théâtre ».
De la naissance de la vocation « d’un enfant nourri des rêveries sous les marronniers à écouter les histoires que lui racontait sa grand-mère » à la rupture définitive avec Jacques Copeau, l’ouvrage suit pas à pas et chronologiquement la marche obstinée et inquiète qui conduit Louis Jouvet sur les chemins de la légende.
En route, on rencontre l’adolescent, dont l’emploi du temps se partage entre les études de pharmacie – pour avoir la paix avec sa famille – et le théâtre au sein du groupe action d’art, ou encore, le candidat malheureux qui, faute « d’une bonne diction » échoua trois fois à entrer au Conservatoire. Paul-Louis Mignon nous décrit un jeune homme « boulimique de lecture, poussé par le besoin d’apprendre, de savoir, de se rendre maître de ses aptitudes et d’emblée prenant des notes où il tente d’appréhender et de fixer les réalités mouvantes de son art », autant de « documents cliniques d’un esprit anxieux chez un homme pour qui l’amour du théâtre est inséparable d’un sentiment de fraternité ».
Mais si, devenu directeur du Théâtre de l’Athénée, Louis Jouvet peut écrire dans Le Comédien désincarné, « Acteur, spectateur, machiniste et costumier, peintre, souffleur et éclairagiste j’ai assumé tous les métiers », c’est que son apprentissage, justement, fut étroitement lié à l’aventure du Vieux Colombier de Jacques Copeau.
Enthousiaste et infatigable, bricoleur ingénieux et inventif – il mit au point un type de projecteur qui porte son nom -, attentif à l’ensemble comme au détail, parfois tyrannique dans son besoin de perfection, il fut, pendant neuf ans, le croisé et l’âme d’une des plus belles croisades théâtrales que Paul-Louis Mignon fait revivre de l’intérieur, avec ses aléas, ses passions et ses tensions.

Louis Jouvet, un homme de science du théâtre : les années d’apprentissage de Paul-Louis Mignon.
Editions de l’Amandier 15€

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