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DERNIERS FEUX, essais de critiques De Jean-Pierre Han

par Dominique Darzacq

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« Écrire sur le théâtre est une entreprise peut-être désespérée » écrivait Bernard Dort en tête d’un de ses ouvrages sur le théâtre, Jean-Pierre Han, qui le cite et le met, comme un avertissement, en exergue en dernière de couverture, partage évidemment ce point de vue. A ses yeux, « l’entreprise paraît d’autant plus désespérée que le théâtre ne fonctionne qu’à la lisière de ses propres limites, en plein équilibre, en perpétuelle mouvance ».
L’équilibre, voire les pertes et les vertiges, les mouvances, voire les piétinements de cet art volatile mais précieux qu’est le théâtre, Jean-Pierre Han l’observe depuis des décennies et en a exprimé les effets ou les méfaits dans divers médias à périodicités variées. Les articles qu’il nous livre là, et qui sont autant « d’essais de critiques », courent de 1981 à 2005, n’ont pas affaire avec le compte rendu à chaud qui suit l’événement au jour le jour, mais ont été délibérément choisis pour leur « distance ». Celle que l’on prend pour analyser, réfléchir, s’interroger.
Dans le monde de la critique, Jean-Pierre Han n’appartient pas à la catégorie « des goûteurs ». Tel le critique d’art, qui pour le juger, ne se contente pas de regarder le tableau mais « entre » dans la peinture, chaque spectacle semble pour lui l’occasion d’entrer dans la totalité du théâtre. Quitte parfois, à lui entrer dans le lard lorsqu’il abuse et s’égare dans la relecture des classiques, ou encore, lorsque « réveillé de ses rêveries esthétiques » par les fracas du monde, il s’emmêle les pinceaux entre fiction et réalité, prend un ouvrage sociologique – notamment La Misère du monde de Bourdieu – pour une pâte dramaturgique et confond le vrai du témoignage avec le vrai du théâtre. Cet,,apparemment calme, est capable de coups de sang et c’est d’autant plus réjouissant, que bien souvent on épouse sa querelle.
Militant d’un théâtre qui diffuse du sens et de la pensée, Jean-Pierre Han, affiche ses prédilections esthétiques et politiques, ose être partial, polémique et enjoint ses confrères de le suivre sur les chemins d’une « critique partisane » quitte à être de mauvaise foi et à se tromper. En effet, constater que le théâtre « éprouve beaucoup de mal à accompagner l’époque qui pourtant le nourrit » ne l’empêche pas de penser qu’il n’a de sens « qu’inscrit dans l’Histoire, qu’il peut, de manière infime certes, encore dire quelque chose et par là même influer, sinon modifier les consciences et le cours des idées reçues ». Un combat, estime-t-il, que la critique se doit de prendre en compte.
Au fil d’une trentaine d’articles, de constats en disputes, d’interrogations en analyses, Jean Pierre Han, dont l’ouvrage a été couronné par le Syndicat de la critique, dessine, en traits vigoureux, le paysage « d’un art fragile de ses certitudes et fort de ses questionnements »

Derniers feux, essais de critique. Jean-Pierre Han, éditions Lansman ; 12€

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