Accueil > Babayaga par la Compagnie TPO

Critiques / Jeune Public

Babayaga par la Compagnie TPO

par Dominique Darzacq

Belles sorcelleries d’aujourd’ui

Partager l'article :
Version imprimable de cet article Version imprimable

Hier, seules les fées ou les sorcières avaient le pouvoir de transformer les carrosses en citrouille, aujourd’hui, il y suffit d’un clic. La souris a remplacé la baguette magique et la puce devient la magicienne qui fait lever les tempêtes, transforme les chemins en rivières, ouvre la porte à toutes les sorcelleries. Forts de cette évidence, Davide Venturini et Francesco Gandi de la compagnie italienne TPO fomentent des spectacles, chefs d’œuvres de l’alliage du théâtre, de la danse, de l’image et de la haute technologie numérique. Ainsi, font-ils de leur Babayaga , somptueux voyage initiatique mêlé de fantastique.

Figure mythologique des contes slaves, la Babayaga , ogresse dont le plat préféré est les petites filles bien dodues, s’est évidemment démultipliée dans toutes les formes artistiques. Celle de la compagnie TPO s’inspire, pour l’environnement visuel, des magnifiques illustrations de Rebecca Dautremer qui, avec Taï-Marc Le Thanh, revisite la fable et apporte quelques modernes retouches à la célèbre sorcière russe. Celle-là, n’a qu’une dent, celle qu’elle a gardée contre le monde entier, mais son antre est toujours juché sur des pattes de poulet. C’est un fort sympathique crapaud qui aide notre héroïne, devenue Michetta, à déjouer les pièges de son ogresse de tante. Le tout dans une véritable symphonie d’images et de sons, orchestrée en scène par deux danseuses dont les pas et les mouvements du corps font surgir des jeux d’ombres et de lumières, des envolées de papillons ou d’abeilles, suscitent d’angoissants orages, font souffler le vent de la Taïga, et la nimbent de brouillard .

Selon les moments de l’histoire, et « parce que si on est ensemble, on est plus fort pour affronter les dangers de la forêt » , les enfants sont conviés, par petits groupes, à rejoindre le plateau et à partager les pérégrinations de la petite fille et ainsi à explorer « in situ » l’espace et le pouvoir du théâtre. Aller dans ce pays inconnu qu’est le monde de l’histoire ne va pas de soi, il y a les hésitants et les téméraires, ceux qui regrettent ne n’y être pas allés et ceux qui veulent être de toutes les expéditions, les fortes têtes qui restent plantées dans un coin de la scène et qui finalement décident que c’est tout de même plus rigolo de marcher sur des ronds de lumières qui s’avèrent être de véritables touches sonores.

Au bout du …conte, tous, auront pu percevoir la Babayaga avec les yeux de Michetta et en éprouver les frissons. Une expérience délectable pour les bambins, à partir de cinq ans, et pour les adultes qui les accompagnent, la preuve, s’ils ont pu parfois en douter, que le mariage du théâtre et de la haute technologie peut être une union très heureuse pour peu qu’il soit contracté, comme ici, sans ostentation mais avec autant d’art que de subtilité pour mieux nous faire entendre que grandir ne va pas sans dangers ni épreuves.

Photo D Vanturini

Babayaga par la compagnie TPO, danse : Caroline Amoretti, Sara Campinoti.
Spectacle jeune public à partir de 5 ans. Durée 50’
Théâtre national de Chaillot jusqu’au 28 février tel 01 53 65 30 00.
Puis en tournée : Angoulême 11 et 12 mars, Marseille (Th de la Criée) 3 au 5 avril

Le Mur d'affiches


Visitez le Mur d'Affiches...

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.