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Critiques / Musique

Renan Luce, Repenti

par Benoit Guillotin

La poésie à portée de cordes

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Avec son premier Album Repenti (sortie en septembre 2006) le jeune breton part au devant de lui dans une tournée en France jusqu’en mai 2008.

Renan Luce est originaire de Bretagne, du Finistère plus précisément, cette échappée de terre qui salue de loin l’Amérique. L’Amérique dont il s’inspire amplement.

Le rêve américain d’un breton

Renan Luce importe des États-Unis non seulement les tonalités des guitares du Far-West mais aussi le bluff du poker des saloons. Ce qui lui vaudra, à l’image des illustrations de son album, le goudron et les plumes… Son bluff réside dans sa discrétion avec une taille moyenne, des cheveux bruns ébouriffés, des yeux marrons, en somme aucun signe particulier. Pourtant, le jeune Renan Luce possède dans son jeu deux as, l’as de cœur pour ses textes et l’as de pique pour sa voix et ses arpèges qui forment un mélange détonnant, faisant de lui un des « chip leader » de la variété française. Dès son enfance la musique fait partie intégrante de son quotidien. En outre, il étudie pendant dix ans au conservatoire de Brest, passant du piano au saxophone, jusqu’à la guitare avec laquelle il écrira ses musiques et ses textes dès l’âge de 17 ans.

La plume du far-West

Avec son premier album Repenti, Renan Luce redonne à la variété française ses lettres de noblesse. Il propose des mélodies allègres, enjouées, mettant en scène des textes d’une rare poésie. Une poésie digne des plus grand comme Brassens ou Ferré, comparable également à la poésie de Francis Ponge (Le Parti Pris des Choses) qui choisit des sujets du quotidien pour tirer de leur banalité une beauté légère voire mélancolique. A la manière d’un photographe comme Thierry des Ouches, il choisit un sujet de tous les jours sous un point de vue particulier pour en soutirer le beau du quotidien. Renan Luce surprend alors en proposant des textes audacieux pour un premier album.

Ainsi il part d’un sujet simple comme une feuille (je suis une feuille) pour évoquer avec poésie toujours des thèmes plus sérieux tel que le suicide et la désespérance. « J’aurais pu être pressée sur le cœur d’une enfant /Écoutant dans mes lignes la voix de son amant / Ou être le pliage d’un gamin de huit ans / Et voler dans les airs sous les rires des enfants… »
Renan Luce propose à travers treize chansons différentes, treize petites saynètes étonnantes relatées avec inspiration et humour. Ces chansons nous gagnent peu à peu, traversant toutes nos émotions grace à une poésie simple et touchante.
Renan Luce témoigne, sans prétention aucune, que l’on peut produire une œuvre intimiste sans tomber dans le pathétique ou l’emphatique. La douceur de ses textes s’oppose à sa voix gutturale, c’est alors une étrange harmonie qui opère son charme et séduit peu à peu.

Les cordes du désert

Renan Luce utilise tous les instruments qui animent la musique country et folk, notamment l’harmonica, le banjo et le vibraphone, auxquels il ajoute des instruments surprenants comme la scie musicale qui fait écho à sa voix rauque, l’aquaphone (instrument reproduisant des sons aux tonalités aquatiques) et le toy piano (petit piano) pour créer une atmosphère de solitude.
Les cordes ainsi utilisées donnent une réelle chaleur à la musique ; ce sont les cordes d’un cow-boy solitaire qui joue ses arpèges seul face à la lueur d’un feu perdu dans l’immensité aride d’un désert américain. Deux notions émanent donc de cette musique, relativement paradoxales, une musique aux tonalités chaudes, mais une musique solitaire. Cette atmosphère créée est non sans rappeler la musique d’Émilie Simon, jeune talent de la variété française, qui propose une musique particulière dégageant une impression étonnante de solitude. Si Renan Luce dépeint un désert chaud, Émilie Simon, elle, évoquera avec sa musique un désert froid voire glacial. On remarque alors cette jeune artiste pour la réalisation de la musique du documentaire devenu culte : La marche de l’Empereur de Luc Jacquet.
Renan Luce dépoussière ses guitares en grattant et en frottant ses cordes dans tous les sens, passant des rythmes effrénés d’un rodéo acoustique aux rythmes ralentis d’un paysage désertique.

Les textes et les musiques de Renan Luce surprennent en proposant une atmosphère et une ambiance acoustique assez unique. Une atmosphère qui s’inspire des plus grand artistes de la variété française d’hier et d’aujourd’hui. Fort de cet héritage Renan Luce réussit à inventer un style bien à lui mêlant une poésie touchante aux mélodies simples et intimes de guitares folks aux cordes chahutées ou pincées. Son « chemin est encore tellement long »…

Réservations (www.fnacspectacles.com) Numéro vert : 0 892 68 36 22 (0,34 € TTC min).
Quelques dates :
05 mars 2008 : Rennes (35) la cité - 07 mars 2008 : Nantes (44) la carrière - 12 mars 2008 : Nancy (54) l’autre canal - 15 mars 2008 : Grenoble (38) le summum - 25 mars 2008 : Marseille (13) espace julien - 29 mars 2008 : Clermont-Ferrand (63) la coopérative de mai - 09 avril 2008 : bordeaux (33) le fémina - 12 avril 2008 : le havre (76) les docks océane - 16 avril 2008 : Bruxelles (bel) le cirque royal - 17 avril 2008 : paris (75) le grand Rex - 19 avril 2008 : Strasbourg (67) festival artefact - 20 avril 2008 : Lille (59) festival les paradis artificiels

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