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Critiques / Musique

Isabelle Vajra Chante Barbara

par Benoit Guillotin

Barbara, une passion qui reste intacte et renouvellée

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C’est au Tambour Royal qu’Isabelle Varja relève le défi périlleux d’interpréter l’œuvre de Barbara. Quand on saît que chacune de ses chansons sont l’incarnation de douleurs et de doutes les plus intimes, on a du mal a imaginer quelqu’un d’autre sur les traces brûlantes de la grande dame en noire.

Isabelle Vajra fascine grâce à sa rigueur de pianiste et à la sincérité de son chant. Elle évite de sombrer dans le piège de l’imitation ou celui du jeu de rôle qui en trahirait l’esprit. Les textes sont brossés à sa manière, même si son timbre possède des similitudes déroutantes avec l’interprète de ’L’aigle noir’. Dans ce jeu de miroirs et de mémoires, le spectateur se laisse emporter avec un insatiable plaisir.

Tout le répertoire de Barbara est traversé, offrant aux nostalgiques, des émotions qu’ils croyaient à jamais emportées. Le spectacle offre aux plus jeunes générations, le privilège de découvrir et de vivre sur scène l’aura magique d’une icone inoubliable.

Comment avez vous attrapé le" virus Barbara" ?
C’est par... Brel que je suis venue à Barbara. C’est à l’âge de quinze ans que j’ai découvert Brel et ce fut mon premier "choc" dans le monde de la chanson, une vraie rencontre qui m’a profondément influencée.
Apprenant un an plus tard environ que Brel et Barbara étaient proches, comme ’frère et sœur d’âme’, ainsi que j’aime à les définir, je décidais de découvrir Barbara. Et là encore, la rencontre fut décisive. Depuis, Barbara ne m’a pas quittée. Quelques années plus tard, une troisième influence, toute aussi déterminante allait venir dans ma vie, celle de Nougaro. En somme, si l’on me demande "Pourquoi Barbara ?", je répondrais ... "Parce que Brel".

Quelle a été votre formation musicale ?
J’ai une formation classique avec le piano, mais également suivi des études d’écriture (harmonie, contrepoint). C’est à l’âge de dix-huit ans environ que j’ai décidé d’arrêter mes études musicales. De renoncer à mon rêve d’être une musicienne professionnelle. Je voulais tout ou rien : être pianiste ou rien. Je ne savais qu’une chose : je ne voulais pas enseigner la musique. La vie m’aura appris plus tard que l’enseignement faisait aussi partie de mon chemin.

Quand et comment vous êtes vous décidée à faire partager votre passion sur scène ?
C’est en 1999 que j’ai donné mon premier concert en public. Sur la péniche El-Alameïn à Paris. Tout s’est décidé très vite. Depuis quelque temps, à la demande d’amis, j’avais repris le chemin de la chanson, et plus précisément celui de Barbara. Et là, on me proposait une scène. En un mois, je préparais ce premier hommage. Ensuite, les hommages se sont succédés, au fil de mon inspiration et de propositions venues aussi de l’étranger (Allemagne, Russie).

Quel(s) moment(s) retenez-vous de votre passion ?
Je retiens toutes les étapes de mon cheminement, car chaque étape me construit. Ce sont des rêves que je réalise. Et c’est tout à fait dans la lignée de la "philosophie Brel". L’important, c’est d’essayer de réaliser ses rêves.
Depuis le choc Brel, la passion de la musique et du langage est toujours présente dans ma vie, mais, contrairement à des périodes plus "entre parenthèses" de ma vie, je suis à un moment précieux où, à travers la chanson, à travers Barbara, je peux vivre pleinement cette passion.

Avez vous une chanson préférée, si oui laquelle et pourquoi ?
Ma chanson préférée... J’ai d’abord une chanson "idéale" de Barbara, tellement idéale que je n’arrive pas à franchir le cap de l’interpréter. Comme si elle devait pour le moment rester mon inaccessible étoile. Il s’agit de la chanson "Mille chevaux d’écume", parue en 1981. C’est mon hymne à la musique, la musique qui sauve le monde. Une chanson qui m’émeut aux larmes. Puis il y a des chansons qui me sont extrêmement chères, pour des raisons diverses. Ainsi "Cet enfant-là", ou encore "Sables mouvants", "La ligne droite" (duo avec Moustaki), enfin "L’enfant laboureur".
Chaque chanson entre en résonance avec ma vie et certaines chansons ont l’impact d’une rencontre.

Travaillez-vous avec l’aide de partitions que vous revisitez ?
Par le passé, je travaillais soit à partir de partitions existantes que je pouvais parfois remanier, soit j’écrivais un accompagnement que je voulais fidèle à l’original.
Pour ce spectacle, j’ai demandé à Patrick Rouquet, mon musicien, de retranscrire les arrangements originaux des chansons de Barbara, version piano et synthé, Je voulais remonter aux sources et retrouver, restituer, les atmosphères musicales que j’avais en mémoire, telles que Barbara les avait voulues. Comme on approche une œuvre classique. C’est un parti pris.

Quelle sont les difficultés que vous rencontrez ?
Ma difficulté actuelle - car les difficultés se suivent et permettent de franchir des étapes, de grandir - ma difficulté actuelle, c’est de mieux faire connaître le spectacle
"Barbara, une passion". Mon hommage rencontre un public fervent, mais actuellement, fort peu de public, je l’avoue. Et je sais que j’ai encore des choses à dire, des chansons à exprimer dans l’univers de Barbara, notamment. Je ne voudrais pas que cet hommage s’arrête avant l’heure. Même si j’ai conscience qu’un jour, je passerai à la réalisation d’un autre rêve.
En attendant, ce rêve est fait pour être partagé. Et le partage avec le public me dit que ma "mission Barbara" a un sens. En tout cas, elle m’est vitale, tant elle s’impose à moi.
Sans vouloir être grandiloquente. La musique l’exprime mieux que moi.

Quel seraient vos rêves d’interprétation ?
Dans l’univers de Barbara, bien sûr. "Mille chevaux d’écume" avec au piano... Roland Romanelli. Le duo "La ligne droite" avec ... rien moins que Moustaki. Il s’agit bien de rêves, alors soyons déraisonnable ! Un texte qu’écrirait pour moi... François Wertheimer, l’auteur de "L’enfant laboureur". Parmi les rêves déraisonnables, mais envisageables, car il me reste un peu de lucidité, malgré ma faculté à rêver loin : chanter en Russie, Barbara, dans un premier temps , puis Brel et Nougaro.

En 2003, j’ai chanté Barbara et Brel au Musée Dostoïevski de Saint-Pétersbourg. Comme quoi les rêves se réalisent, avec beaucoup de travail, de foi et un peu de chance aussi. Enfin, mon rêve présent serait que mon spectacle "Barbara, une passion" rencontre un public grandissant jusqu’à la fin de l’année 2008, date à laquelle il est supposé prendre fin au Théâtre du Tambour Royal.

Barbara, une passion par Isabelle Vajra, au théâtre de Tambour Royal, les jeudis à 19h00 et les samedis à 21h00.

THEATRE DU TAMBOUR ROYAL
94 rue du Faubourg du Temple
Passage Piver
75011 Paris
01 48 06 72 34

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1 Message

  • Isabelle Vajra Chante Barbara 23 décembre 2018 23:23, par nicole GILLE


    Madame Vajra quand pourrons nous vous écouter chanter Barbara à Paris ?
    <<<<<<<<< Merci de laisser un message d’espérance.

    N. GILLE

    repondre message

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