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Critiques / Théâtre

Quelqu’un comme vous de Fabrice Roger-Lacan

par Bruno Bouvet

Un désert de théâtre

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Sur une plage écrasée de soleil, un quinquagénaire en costard s’installe sur le sable. Quelques secondes plus tard, il est rejoint par un trentenaire, en costard lui aussi, qui vient se poser tout à côté de lui alors que l’immensité des lieux lui offrait mille autres choix. Le plus vieux ne cache pas longtemps son mécontentement et le dialogue s’engage. Selon une modalité désespérément banale dont le spectateur atteindra en vain qu’elle prenne une autre consistance. Car, une heure et quart durant, les platitudes vont s’enchaîner au fil d’un texte qui n’arrive jamais à atteindre les rivages qu’il prétend fréquenter : la chronique sociale, le thriller vaguement inquiétant. Il ne se passe rien et on s’ennuie ferme, à peine esquisse-t-on un sourire devant des scènes dignes de café-théâtre.

Que peut-on bien sauver de la nouvelle pièce de Fabrice Roger Lacan, qui s’était fait connaître il y a dix ans par Cravate Club, avec Edouard Baer et Charles Berling ? Pas grand chose, assurément. L’auteur reprend ici le principe de l’affrontement de deux personnages dissemblables, campés par deux têtes d’affiche, Jacques Weber et Bénabar, et dirigés par une metteuse en scène à succès, Isabelle Nanty. Le malheureux Weber, dont la lourde silhouette semble accablée par la chaleur censée régner sur le plateau, n’a pas l’air vraiment d’y croire et propose un jeu « service minimum ». En face de lui, le chanteur Bénabar offre une vaillante résistance, défendant avec toute la conviction requise la maigre partition qui lui a été confiée. Très à son aise pour ses débuts au théâtre, le néophyte montre qu’il est de taille à poursuivre l’aventure. On s’en réjouit pour lui. Mais c’est bien la seule satisfaction d’une soirée à oublier.

Quelqu’un comme vous, de Fabrice Roger-Lacan. Mise en scène : Isabelle Nanty, assistée de David Zeboulon. Distribution : Jacques Weber, Bénabar. Scénographie : Thierry Flamand et Virginie Hernvann. Lumière : Laurent Béal.
Son : Guillaume Monard. Durée : 1h15.

Théâtre du Rond-Point, 2 bis avenue Franklin Roosevelt, 75008 Paris. Jusqu’au 10 avril. Salle Renaud-Barrault. Du mardi au samedi à 21h. Le dimanche à 15h. Places de 14 à 34 euros.
Réservations : 01 44 95 98 21 - www.theatredurondpoint.fr

Puis en tournée : le 24 avril à Ris-Orangis (91) ; les 26 et 27 à Namur (Belgique) ; le 28 à Bruxelles (Bel) ; le 30 à Liège (Bel) ; Le 3 mai à Florange (57) ; Le 4 à Huy (Bel) ; le 6 à Colombes (92) ; le 7 à Rueil-Malmaison (92) ; le 10 à Arcachon (33) ; les 12 et 13 à Nevers (58) ; le 15 à Romans sur Isère (26) ; du 17 au 28 à Aix-en-Provence (13) ; du 31 mai au 10 juin à Lyon (69).
Le texte de la pièce est édité à L’Avant-Scène Théâtre, collection Les Quatre-Vents

Photo Giovanni Cittadini Cesi

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1 Message

  • Quelqu’un comme vous de Fabrice Roger-Lacan 21 mars 2011 22:38, par Christophe

    Mais qu’est venu faire Weber dans cette galère ???
    Ecriture d’une grande platitude, pauvreté des dialogues, intrigue digne d’une série Z.. on se noie sur cette plage.. La mise en scène est plus que limite, avec par exemple l’apparition de portraits (photographie) en arrière plan qui n’apportent rien à la pièce, bref on s’ennuie ferme.. Surprenant aussi de voir les deux comédiens quitter le plateau au milieu de la pièce pour aller chercher une petite bouteille d’eau et la boire sur scène...

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