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Critiques / Danse

Noces de Stravinsky avec Pontus Lidberg

par Yves Bourgade

"A la suédoise" pour le Ballet de l’Opéra de paris

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Noces , ces « scènes chorégraphiques russes » composées par Igor Stravinsky et inspirées des coutumes villageoises de sa Russie natale, connait un nombre important de versions à la scène depuis la création de sa compatriote Bronislava Nijinska en 1923, pour les Ballets russes.
Le Français Angel Preljocaj en a signé notamment une en 1989 après Maurice Béjart en 1962. Le Ballet de l’Opéra de Paris a commandé une nouvelle version intitulée Les Noces au Suédois Pontus Lidberg qui a été créée début février 2019. Au même programme au Palais Garnier, figure notamment une reprise du Faun fort réussi de Sidi Larbi Cherkaoui sur Prélude à l’après midi d’un faune de Debussy
Stravinsky souhaitait à l’origine avec Noces , « faire voir à côté des acteurs (danseurs) tout mon appareil instrumental, écrivait-il, en le faisant participer pour ainsi dire à l’action théâtrale ». Il a voulu « un divertissement, genre mascarade » précise-t-il.
Lidberg qui a été formé à l’Ecole du Ballet royal suédois, n’a pas retenu pour ses Noces la solution du mélange des danseurs et des musiciens. Les danseurs sont seuls sur le plateau. Le chœur, quatre chanteurs solistes, quatre pianistes et une formation orchestrale réduite avec force percussions, prennent place dans la fosse. Pour le chorégraphe suédois, il n’est pas question, malgré la puissance de la partition, son flux rythmique et sa profusion mélodique, de se laisser imposer une solennité de rituel ancestral, avec des tableaux clairement situés (Chez le fiancé, Chez la fiancée, Adieux à la maison paternelle, Le repas de noces). Il a pris en compte le fait que Stravinsky ne souhaitait pas évoquer les rites de noces paysannes.
Lidberg s’inspire surtout du dynamisme et de la structure de la partition. Chaque danseur porte un costume différent signé par Patrick Kinmonth. Les couples qui se forment sont aussi bien homme-femme que homme-homme ou femme-femme. Pour lui, les rituels importent peu de nos jours, ce qui est recherché, en revanche, c’est l’union, un lien réel , stable, dans un monde d’insécurité. Le chorégraphe joue astucieusement de rideaux noirs qui structurent divers espaces du plateau pour une danse virtuose et souple libérée des règles académiques.
Cette affiche du Ballet de l’Opéra de Paris, comporte également une création de 30 minutes pour sept danseurs de l’Allemand Marco Goecke, Dogs Sleep. Ce chorégraphe se singularise par une danse qui met en valeur le haut du corps du danseur, ses bras, ses coudes et ses mains, une pièce qui tire, tout de même, un peu à la ligne sur des musiques de Takemitsu, Ravel, Debussy et Sarah Vaughan .
La reprise de Faun sur la musique de Debussy, en ouverture de programme, confirme que le Belge Sidi Larbi Cherkaoui est un chorégraphe original. Il a su avec cette pièce à la danse athlétique, toute en tension rentrée, pour l’homme autant que pour la femme, faire autre chose que la version conçue comme un bas-relief antique laissée par Nijinsky et toujours dansée. Ce Faun offre l’opportunité de briller à de jeunes interprètes comme le premier danseur Marc Moreau et le coryphée Juliette Hilaire.

Palais Garnier :16, 18, 19, 21, 22, 25, 26, 27, 28, février 2019, 1 et 2 mars 2019, à 19h30, durée 2 heures, places de 10 à 110 €

Photo « Les Noces » ©Anne Rey

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