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Mort du marionnettiste Alain Recoing

par Dominique Darzacq

Disparition d’un maître et militant en son art

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S’en souvient-on ? Et le sait-on ? Si l’art de la marionnette a aujourd’hui pignon sur rue, et est regardé comme un art vivant, on le doit à Alain Recoing qui en fut l’actif et pugnace artisan.

Initié en 1948 à la manipulation de la marionnette à gaine par Gaston Baty, de qui il était le régisseur, son parcours est celui d’un artiste pionnier dont l’itinéraire s’est longtemps confondu avec la volonté de faire en sorte que la marionnette ne soit pas seulement l’auxiliaire de l’école, mais reconnue comme un art à part entière en lui ouvrant des voies contemporaines. Elles passeront, dans les années 50, par le cabaret de l’Ecluse où, avec la Compagnie des Trois, il présente d’ironiques comédies policières et par la télévision, où il participe en tant que marionnettiste à des émissions dramatiques et surtout, crée le fameux et très regardée émission Martin-Martine destinée au jeune public.

En 1957, histoire de faire entrer la marionnette sur la scène d’un théâtre, il crée sa propre compagnie, loue le théâtre du Vieux -Colombier pour y présenter La Clé d’or de Tolstoï, une réussite artistique mais un fiasco financier qui scelle l’amitié indéfectible qui le lie à Antoine Vitez qui avait réalisé l’adaptation et la mise en scène du spectacle. Ils se retrouveront régulièrement au Théâtre Quotidien de Marseille, au Théâtre des Quartiers d’Ivry et à Chaillot où, sur un texte d’Eloi Recoing, un de ses fils, il crée notamment La Tentation de Saint Antoine (1982). Auparavant, toujours sur un texte d’Eloi, Antoine Vitez avait mis en scène La Ballade de Mister Puntch , spectacle phare de ce qui sera désormais « Le Théâtre aux mains nues » (1976) et sera joué partout, dans les théâtres, les écoles ou les places publiques et sera vu dans le monde entier comme presque tous les nombreux spectacles de ce maître de la marionnette à gaine.

Faire entrer la marionnette dans la modernité, ce fut aussi pour lui, mettre en marionnettes des grands auteurs comme Lewis Carroll, Kipling, Cervantès ou encore Kateb Yacine. Créateur engagé, Alain Recoing avait également le souci d’une transmission qu’il mit en pratique à l’école de Charleville-Mézières, à l’Université Paris III, avant de le faire au cœur du XXe arrondissement, dans le quartier Saint- Blaise où il avait installé son Théâtre aux mains nues qu’il fit vivre contre vents et marées et que dirige maintenant Eloi Recoing.

Parfois ronchon, un peu provocateur quelques fois, mais toujours passionné, il milita incessamment au sein des diverses instances ou groupements de marionnettistes. Fondateur et longtemps Président du Centre National de la Marionnette, il rêvait, comme il en fit la confidence lors de l’entretien télévisé Mémoires du Théâtre (INA), d’un Théâtre national de la marionnette dont il avait rédigé le projet.

C’est l’une des belles pages de l’histoire de la marionnette qui disparaît avec lui.

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