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Critiques / Théâtre

Métropole, écrit et mis en scène par Vincent Farasse

par Corinne Denailles

Ces villes de grande solitude

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Le projet d’écriture de Vincent Farasse est intéressant. Il a voulu rendre à la fois la solitude des grandes villes et les liens invisibles qui peuvent se créer entre les gens et les influencer à leur insu. Il a choisi six personnages reliés par les questions de famille, de travail, d’argent mais qui ne se connaissent pas. Pourtant on apprend peu à peu que chacun a des liens avec l’un d’entre eux. La figure centrale est le PDG, homme d’autorité et d’argent qui fréquente une stripteaseuse pour la regarder danser et parler jusqu’à ce qu’il cherche à faire évoluer la relation dans la vraie vie, hors du cadre anonyme du salon de rencontre. François Clavier interprète avec talent ce personnage entier, coléreux et intolérant, horriblement paternaliste et très manipulateur, qui tient son entourage dans sa toile. Il domine le monde de sa haute et impressionnante stature dont il joue savamment. La stripteaseuse s’appelle Claire (Eve Gollac), elle est traductrice le jour et mariée à William (Aymeric Lecerf), un cadre au chômage qui sera engagé par le PDG. La fille du PDG, Liane (Laure Giappiconi) cherche à échapper à l’exercice du pouvoir de son père et à sa dure condition de bourgeoise ; elle a une histoire d’amour avec Medhi (Ali Esmili), un jeune de milieu modeste, étudiant en médecine qu’elle plaquera pour rentrer dans le giron professionnel de papa. Il se trouve que Medhi est le fils de Latifa (Gaelle Héraut), la voisine du cadre et de la traductrice. Si la « ronde », qui s‘achèvera par un télescopage inévitable, est assez bien construite, l’écriture, juste efficace, manque de style et de relief tout comme la mise en scène peu inventive. Trois grandes chaises de part et d’autre du plateau se font face. Les scènes s’enchaînent en fondu enchaîné comme interrompues dans leur déroulement ce qui crée du rythme mais le spectacle manque de véritable point de vue aussi bien dans la mise en scène que dans les lumières et les costumes. Quelques idées farfelues laissent perplexes comme ce rêve de la Commune de Paris que fait la femme de ménage ou ce rouleau de papier déroulé sur le sol, censé représenter le poème russe sur lequel travaille la traductrice qui peine à en élucider le mystère. Pourtant, ce poème comme mise en abîme fonctionne bien comme contrepoint, comme métaphore du texte. La distribution est inégale mais dans l’ensemble les comédiens, au premier rang desquels François Clavier qui donne le ton juste, trouvent les ressources pour entraîner le spectateur dans cette ronde cynique et rude.

Métropole, écrit et mis en scène par Vincent Farasse. Scénographie, Jean Gilbert-Capietto ; lumières, Nathalie Perrier. Avec François Clavier, Ali Esmili, Laure Giappiconi, Eve Gollac, Gaëlle Héraut, Aymeric Lecerf. Au théâtre La reine blanche du mercredi au samedi à 20h45, dimanche 15h. Durée : 1h50. Résa : 01 40 05 06 96.

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