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L’Imparfait d’Olivier Balazuc

par Dominique Darzacq

Une impertinente et pertinente leçon de désobéissance

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Olivier Balazuc, comédien, metteur en scène, auteur, membre du collectif artistique du Théâtre de Sartrouville est aussi père de famille attentif et un brin poète qui regarde grandir sa fille en fourbissant quelques contes aptes à l’aider à grandir. Encore que celui-là pourrait bien s’adresser en priorité aux parents.
Comme dans tous les contes dignes de ce nom, « Il était une fois »…..un paisible royaume où vivait Papa 1er, maman 1er et le petit prince Victor 1er qui faisait le bonheur et l’admiration de ses parents. « C’est parfait ! » s’exclamaient-ils ravis car Victor connaissait tous ces « petits mots magiques » que sont : s’il vous plait et merci, n’oubliait jamais de se laver les mains avant de passer à table, ni d’aller faire un bisou à Marie-Rogère la meilleure amie de maman et, cerise sur le gâteau, dessinait sans déborder de la feuille « une grande maison avec une cheminée qui fume, un soleil dessus, papamamanvictor et plein de cœurs autour ».

Mais voilà qu’un beau matin, Victor , arrière petit cousin de celui de Roger Vitrac , refuse de jouer le jeu, de faire un bisou à Marie- Rogère et se met à faire déborder son dessin du cadre. Désarçonnés et inquiets, papamaman, après avoir consulté en vain toutes sortes de spécialistes, décident de s’en remettre à Jean-Michel –Corporate Inc qui leur livre un Victor II sur mesure, autrement dit un enfant robot chargé de servir d’exemple à l’autre Victor qui, après avoir tenté de lutter contre ce Victor II qui fait la joie des parents, décide de se réfugier dans le placard de sa chambre. Tout va pour le mieux dans ce meilleur des mondes où tout est parfaitement conforme, jusqu’au jour où Maman explose lassée des réponses formatées de Victor II. Au bout du compte et du conte, les parents découvrent que cet enfant si parfait les ennuie. En manque de surprises, ils finissent par péter les plombs et à leur tour « sortir du cadre » en mettant à sac et en couleur le bel appartement témoin conçu pour cadres performants tels qu’on peut les voir dans les magazines (décors Bruno de Lavenère). Un jouissif geste libérateur qui signe la disparition du robot et le retour de Victor accueilli à bras ouverts par papamaman qui règneront désormais dans un royaume imparfait.
En parfaite parenté d’humeur avec l’auteur- metteur en scène qui habille de loufoquerie le sérieux de son propos, Martin Sève (Victor ), Valérie Keruzoré (la mère), Laurent Joly (le père), Thomas Jubert (Victor II), Cyril Anrep ( Marie-Rogère) donnent tout son jus de fantaisie teintée d’absurde, d’acide drôlerie à un conte qui dit aux enfants « sois ce que tu es » et à tous qu’il n’est pas si mal d’ emprunter les chemins de traverses, que la vie y est plus inattendue et plus savoureuse que sur les routes balisées.
Créé en juin dernier et présenté lors du dernier Festival d’Avignon , le spectacle est à voir ces jours-ci dans le cadre d’Odyssées en Yvelines, biennale jeune public du Théâtre de Sartrouville.

L’Imparfait texte et mise en scène Olivier Balazuc avec Cyril Anrep, Laurent Joly, Thomas Jubert, Valérie Keruzoré, Martin Sève durée 1h

Théâtre de Sartrouville, Odyssées en Yvelines jusqu’au 17 mars tel 01 30 86 77 78
www.odyssees-yvelines.com
La pièce est publiée chez Actes Sud-Papiers col Heyoka jeunesse

Photos ©Jean-Marc Lobbé

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