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Critiques / Musique

Je sais que la terre est plate de Raphaël

par Julien Lacheray

Le temps d’un aller simple autour du monde

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Après le succès monumental de Caravane, Raphaël revient avec un quatrième album très attendu. Avec Je sais que la terre est plate, il nous emmène dans son monde riche de voyages et de nostalgie grâce à des mélodies, mélange de pop et de sensibilité.

Raphaël Haroche est un enfant du monde, avec un père d’origine russo-marocaine et sa mère argentine. Le titre de son quatrième album Je sais que la terre est plate - qui vient d’arriver dans les bacs- illustre parfaitement ses origines lointaines. Si la pochette met à nouveau en valeur son visage d’ange, fini cette fois le noir et blanc intimiste, place à une pixellisation discrète et une typographie à tendance cyrillique. Déjà une invitation au voyage dans le temps et l’espace.

« Je suis fasciné par le temps »

"Je n’ai pas peur de vieillir. Dans une interview accordée au journal Metro, celui qui apporte une importance toute particulière au temps, celui qui glisse à travers nos doigts impuissants. Parfois, je me sens trop vieux pour comprendre le monde ou trop jeune pour le faire. Je suis fasciné par le temps… Ce n’est pas de l’angoisse, c’est plus une expérience. Caravane* incarnait une blessure d’adolescent. Je sais que la terre est plate marque plus une rupture, pas amoureuse mais musicale."

Musicalement, Raphaël continue de privilégier l’utilisation d’instruments acoustiques et d’arrangements variés. Tony Visconti (connu pour son travail avec David Bowie) ainsi que Renaud Letang (collaborateur de Manu Chao) ont bénéficié de toute la confiance du jeune chanteur dans la réalisation de l’album «  C’est sur ce disque que j’ai le plus laissé la porte ouverte vers l’extérieur. Quand on travaille avec Visconti et Letang, on leur laisse faire leur boulot ».

Un tour du monde

Les titres de ce nouvel opus puisent leur force dans les souvenirs les plus tendres. Le voyage commence par les Balkans avec Le vent de l’hiver, une mélodie tzigane tourbillonnante Tourne, tourne l’hiver . On passe, ensuite, forcément la tête par le hublot pour Concordia écrit par Gérard Manset l’auteur de Royaume de Siam et du mythique Il voyage en solitaire. Cette délicieuse ballade rythmé par les notes d’un piano nous berce et nous enivre comme une douce soirée de printemps au bout du monde.

Malgré le travail sur les rythmes, l’engagement n’est jamais loin. A l’instar de Schengen, titre issu de son précédent album, Raphaël y évoque l’exil des sans-papiers en reggae avec Adieu Haïti en duo avec le Jamaïcain Frederick Toots Hibbert, chanteur et fondateur du groupe Toots & The Maytals. Engagé, Raphaël l’est aussi contre le piratage. Pour lancer les ventes physiques, 100 places pour un concert privé dont le lieu reste secret ont été cachées dans les CD mis en place. Une occasion unique d’entendre de près l’un des auteurs français qui ne ménage pas ses efforts pour nous entraîner dans son monde.

Réservations (www.fnacspectacles.com)

En tournée dès le mois de novembre 2008 et en concert le 12 décembre à Paris Bercy

Retrouvez Julien Lacheray sur son blog Fenêtre sur Papillon

* Le précédent album Caravane a été un véritable raz de marée, vendu à plus d’1,5 millions d’exemplaires, couronné de 3 Victoires de la musique, et la chanson titre éponyme Caravane la 3ème chanson la plus diffusé en radio de l’année 2005.

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