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Grande Nuit Léo Ferré

par Caroline Alexander

A Marseille, le théâtre Toursky salue le poète, l’homme debout qui n’avait ni dieu, ni maître

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C’était, il y a tout juste vingt ans : le 14 juillet 1993, Léo Ferré, troubadour de l’anarchie, né à Monaco en 1916, mort à Castellina en Toscane, tirait sa révérence à la France et au monde.

Coups de chapeaux au disparu : Le Monde publie un hors-série à sa mémoire (Une vie, une œuvre), Fayard lance unDictionnaire Ferré et Arte diffusera au jour anniversaire à 18h30 Génération Ferré, un documentaire.

A Marseille, au Toursky, le théâtre de son ami Richard Martin, un théâtre qu’il avait inauguré en 1971, le deuil tomba ce 14 juillet là dans les feux d’artifice. Un paradoxe en juste résonance à ses « battements d’ailes » de chantre de l’insubordination.

Dimanche 14 de cet été 2013, Richard Martin transgressera son rejet des célébrations et lui dédiera, à sa façon, hors pompes, une nuit entière d’amitié et de fraternité.

Sur la scène du Toursky, dès 21h, une pléiade d’artistes viendront dire, chanter, jouer, danser leur attachement à ce poète et musicien dont l’œuvre prolixe est à jamais gravée dans l’histoire des arts du vingtième siècle. Pierre Arditi, Michel Bouquet, Rufus, Michel Hermon, Didier Lockwood, Caroline Casadesus, Angélique Ionatos, David et Thomas Enhco, Sapho, Marie-Claude Pietragalla, Philippe Caubère et beaucoup d’autres encore, hommes et femmes qui ont trouvé en Ferré l’écho leur quête d’amour, illumineront cette nuit particulière. Leur hommage-témoignage sera retransmis en direct sur écran géant à Marseille, Paris, Monaco et Castellina. La nuit se prolongera sur l’espace ouvert Léo Ferré avec d’autres jeunes talents (le groupe Alcaz, El Kabaret, Taraf Querimi…) et se clôturera sur l’immanquable bal.

Les Chants de la Fureur - La Mémoire et la mer : sur les cimaises et les murs du théâtre une exposition retracera les témoignages et souvenirs de Ferré et de Martin, Léo et Richard, Richard auquel Léo consacra une chanson.

Ferré aimait Marseille dont il fit un poème : « Ô Marseille, on dirait que le cœur te va bien ». Il aimait le Toursky – son autre raison d’aimer Marseille, disait-il, - ce lieu d’utopies né sur les ruines d’un hangar dans les quartiers nord de la ville. Il fut le premier à y monter sur scène en 1971, et toujours le premier à venir chanter sa solitude, ses tangos, ses jolies mômes, ses pianos du pauvre et son monsieur William, quand le nouveau Toursky fut inauguré en 1990. Il aimait Richard Martin d’amitié indéfectible. En lui, il avait en quelque sorte trouvé son double, son porte-voix, son porte foi… Car Martin appartient comme lui à l’espèce des « graines d’ananar », des insoumis, un saltimbanque porteur de paix et de poésie.

Depuis leur rencontre, depuis toutes ces décennies écoulées, il révèle des textes inconnus, comme ce Benoît Misère roman du désespoir mis au placard de l’indifférence et met en vie des spectacles autour de son œuvre, - La Méthode, Alma Matrix, l’Opéra des Rats, Poètes… vos papiers – ont sillonné le monde, posant sur les scènes les plus diverses les « passerelles de l’impossible » pour que se compose et recompose encore et toujours l’alchimie de ses révoltes et de sa mélancolie. « Avec sa gueule pour tout bagage » et pour devise « ni dieu ni maître »il faut l’entendre et le sentir rayonner quand il fait siennes les rimes et musiques signées Ferré. Son ami. Son frangin.

Marseille – Théâtre Toursky - Grande Nuit Léo Ferré – dimanche 14 juillet à 21h

0820 300 033

Photos : @fred e tPatrick Messner (Richard et Léo)

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