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Festival d’Avignon 65e édition

par Dominique Darzacq

Toujours en mouvement

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La 65e édition du Festival, à laquelle participeront notamment, Jeanne Moreau, Juliette Binoche, Patrice Chéreau, se tiendra du 6 au 26 juillet.

S’il a réduit quelque peu sa voilure par rapport au nombre de spectacles invités, crise économique oblige, il n’abdique rien de ses visées artistiques tissées cette année autour de trois thèmes : « le mouvement, l’enfance et l’exercice de la liberté ».
Depuis huit ans à la tête du Festival, Hortense Archambault et Vincent Baudrier, se sont plu à inviter des créateurs qui font bouger les lignes, abolissent les frontières des genres, métissent le vocabulaire et incitent le public à modifier sa perception.
Déplacer les codes et les cadres de la danse sont à l’œuvre dans les créations du chorégraphe Boris Charmatz, artiste associé de cette nouvelle édition.

Nommé en 2008 à la tête du Centre chorégraphique national de Rennes, Boris Charmatz présentera deux opus, l’un, Levée des Conflits, « un canon chorégraphique » présenté au Stade Bagatelle, l’autre dans la Cour d’Honneur du Palais des papes, Enfants , spectacle qui intègre une trentaine d’enfants au mouvement chorégraphique des danseurs et interroge le monde de l’enfance non pas celle des jeux et des rêves, mais celle-là, chahutée par les contradictions des hommes et du monde. Le thème de l’enfant traverse également le spectacle de la chorégraphe Anne-Karine Lescop (Petit Projet de la matière), tout comme Sun de Cyril Teste.

L’ensemble du programme lève le pied sur les performances et, entre risque et séduction, fait la part égale entre la danse et le théâtre, séparés ou entremêlés. Cette année, histoire d’ aider le public à changer de regard, le festival inclut le changements des habitudes. C’est ainsi qu’il faudra se lever très tôt, ou ne pas se coucher, pour pouvoir assister à 4h 1 /2 du matin au spectacle de Anne Teresa de Keersmaecker qui a choisi les lumières de l’aube et les envolées des martinets, pour sa nouvelle création chorégraphique. Le café sera servi à l’issue du spectacle à 6h du matin.

Vitrine et creuset

Belle insomnie aussi, cette fois côté théâtre, avec Wajdi Mouawad, pour une épopée théâtrale qui scelle le mariage de la tragédie antique de Sophocle et de la musique rock. Les cris de révolte contre l’ordre établi d’Antigone, d’Electre et des Trachniennes feront, dans la nuit étoilée de la carrière Boulbon, écho à d’autres cris plus actuels.

Jeanne d’Arc côté céleste, Gilles de Rais côté infernal, ont eux aussi semé le trouble dans l’ordre établi et l’ont payé de leur vie. Guy Cassiers réunit à nouveaux les deux compagnons d’armes de la Guerre de Cent ans, noue la fiction et l’Histoire en un spectacle multimédia surtité en français (Sang & Roses. le chant de Jeanne et Gilles).
L’italien Romeo Castellucci ( Sur le concept du visage du fils de Dieu, et, Le voile noir du Pasteur ), le chorégraphe François Verret (Courts-Circuits) tout comme Patrice Chéreau avec la pièce de Jon Fosse (I am the wind) explorent chacun à leur manière la difficulté de faire face à ce qui nous dépasse.
Ancien artiste associé, Frédéric Fisbach met en scène Juliette Binoche dans Mademoiselle Julie de Strindberg, tandis que, star parmi les stars, Jeanne Moreau, accompagnée d’Etienne Daho interprètera dans la Cour d’Honneur et pour un seul soir (18 juillet) Le Condamné à Mort de Jean Genet, si bien mis en musique par Hélène Martin.
Vitrine du meilleur de la création internationale en même temps que creuset des turbulences de la création, illustrées également cette année, par la présence d’artistes tels Martial Di Fonzo Bo et la troupe des Lucioles, Sophie Perez ou encore Agelica Liddell, Rachid Ouramdane, le Festival aime à tirer les fils qui le relie au père fondateur, à l’attention de Jean Vilar envers la création en marche. C’est donc tout naturellement, au Festival où il est né, que Théâtre Ouvert fêtera ses quarante ans d’exploration sur les terres de la dramaturgie en proposant quatre mises en espace d’auteurs peu ou mal connus.

Tandis que le Festival In propose une trentaine de spectacles, le Off qui, on ne sait pourquoi, se décale de deux jours, alignera son millier de spectacles du 8 au 31. Il aura aussi ses stars, parmi celles annoncées, Richard Bohringer et Angélique Ionatos qui feront les beaux soirs du Petit Louvre.

www.festival-avignon.com

Photo : Christophe Raynaud De Lage

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