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Alain Altinoglu dirige Dusapin et Verdi

par Olivier Olgan

Un chef français à découvrir dans deux productions phares

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Venu à la direction d’orchestre comme pianiste et chef de chant, Alain Altinoglu a fait de la voix son domaine de prédilection. Il dirige deux des productions les plus attendues de cette fin de saison avec Roméo et Juliette de Pascal Dusapin à l’Opéra Comique à la fin du mois et Falstaff au Théâtre des Champs-Elysées en juin. Cette reconnaissance confirme le talent d’un chef qui cherche avant tout de faire travailler ses musiciens et chanteurs dans le même sens.

De chef de chant à chef lyrique

C’est comme pianiste qu’Alain Altinoglu effectue ses études musicales au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris où il enseigne pendant plus dix ans. Obligé de gagner très tôt sa vie, ce fou de voix endosse toutes les casquettes – de souffleur à coach – et se forge une solide réputation dans la filière - peu valorisée en France - de chef de chant. Ce rôle de l’ombre, rouage essentiel dans une production lyrique puisqu’il prépare les solistes comme les chœurs, lui permet de se frotter aux chanteurs et aux chefs « dont on apprend autant quand ils sont bons ou moins bons. ». Et lui permet la maîtrise de l’intérieur d’un vaste répertoire, de Mozart à Manoury. Il est assistant sur les productions de K de Manoury et de Perela de Dusapin à l’Opéra de Paris, travaille au clavecin et pianoforte avec Jean-Claude Malgoire sur les spectacles de l’Atelier de Tourcoing. C’est sur une reprise de Don Giovanni en 2001 qu’il remplaçe au pied levé un chef malade. Ses qualités de fédérateur, et l’énergie qu’il sait distiller comme son souci de faire en sorte que le son de chaque orchestre ne se ressemblent pas, l’imposent dans de nombreuses maisons d’opéra de Montpellier à Paris. Sa discographie pour le label Naive montrent son envergure : des Concertos pour violoncelle de Tanguy avec l’Orchestre National de France, le Serment de Tansman avec l’Orchestre Philharmonique de Radio-France, Perelà de Pascal Dusapin avec l’Orchestre National de Montpellier, la Symphonie n°3 de Gorecki avec Sinfonia Varsovia, et Jeanne au bûcher d’Honneger, captation du Festival de Radio France et Montpellier.

Dusapin, Verdi, deux productions attendues

En l’espace de quelques semaines, ce passionné de Wagner dirige deux des productions les plus attendues de la saison. Pour chacune, il bénéficiera de solistes exceptionnels et pourra s’appuyer sur des metteurs en scène dont il admire la démarche. En dirigeant Romeo et Juliette, Altinoglu retrouve le compositeur Pascal Dusapin qu’il a côtoyé sur la production de Perela qu’il a dirigé plus de 20 fois. Il ne cache pas son admiration pour une "œuvre laboratoire où toutes les combinaisons possibles entre la musique et le verbe sont valorisées. Produite il y a plus de 20 ans, elle porte déjà la pâte d’un grand compositeur." Il est intarissable pour décrire l’atmosphère, les modalités et harmonies de cette "musique entendue où aucune note n’est utilisée par hasard, où chaque harmonie est réfléchie." Que se soit, pour Dusapin ou Verdi, la qualité de diction des chanteurs est essentielle. La volonté du chef est de réaliser une véritable œuvre collective, où chacun travaille dans le même sens.

La maturité du chef se mesure à ses engagements internationaux

Altinoglu le reconnaît avec la ferveur de ceux qui réalisent enfin leurs rêves sans jamais rien demander à personne. Le jeune chef reçoit désormais et accepte des propositions ‘hallucinantes’ qui structurent ses engagements des trois, quatre années à venir : du Carmen à l’Opéra de Chicago au Faust au Staatsoper de Berlin, d’une Flûte enchantée au Metropolitan Opera de New York à une Salomé à l’Opéra National de Paris. Homme de fidélités, on retrouve premier chef invité de l’Orchestre National de Montpellier aussi dans le creuset qui lui permet de s’épanouir avec Nabucco et Barbe Bleue à l’Opéra National de Montpellier et de nombreux concerts avec l’Orchestre National de France. Il ne faut pas non plus rater ces pauses magiques où de son clavier, il donne la réplique à sa complice, la mezzo-soprano Nora Gubisch dans la mélodie et le lied, que se soit sur scène ou au disque notamment une prochaine intégrale Duparc chez Intrada prévue en septembre 2008.

Alain Altinoglu, direction musicale

Roméo & Juliette. Pascal Dusapin. Les 28 et 29 avril, 2 et 5 mai (20h). Opéra Comique. Tél. 01 42 44 45 40

Ludovic Lagarde, mise en scène
Orchestre De Paris - Choeur De Chambre Accentus.
Laurent Poitrenaux, Karen Vourc’h, Jean-Sébastien Bou, Marc Mauillon, Amaya Dominguez

Falstaff, Verdi. les 19, 23, 25, 27 (19h30), 29 juin (17h). Théâtre des Champs Elysées. Tél. 01 49 52 50 50
Mario Martone, mise en scène
Orchestre de Paris - Choeur du Théâtre des Champs-Élysées
Alessandro Corbelli (Falstaff), Anna Caterina Antonacci (Alice Ford), Francesco Meli, (Fenton), Caitlin Hulcup (Meg Page), Olga Peretyatko (Nanetta), Marie-Nicole Lemieux (Mrs Quickly), Ludovic Tézier (Ford), Enrico Facini (Dr Cajus), Patrizio Saudelli (Bardolfo)

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