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Un festival à Villerville

par Corinne Denailles

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Villerville est une charmante commune normande sur la côte fleurie, lieu de villégiature discrètement suranné qui respire au rythme des marées. A l’entrée de la ville, Gabin et Belmondo accueillent les visiteurs sur une grande affiche du film mythique d’Henri Verneuil, Un singe en hiver, tourné ici dans les années 1960 et qui imprègne l’air ambiant tout autant que le souvenir des nombreux artistes qui ont aimé la région, de Proust à Boudin en passant par Flaubert, Gounod ou Allais. C’est dans ce petit bourg qui semble à l’abri du fracas du monde et de l’agitation parisienne de Deauville, sa voisine, qu’Alain Desnot a créé voilà six ans un petit festival de théâtre, une douce transition de fin d’été, avant la grande rentrée parisienne et surtout juste avant le festival off-courts de Trouville et le festival du cinéma américain de Deauville.
Desnot, qui a travaillé durant une trentaine d’années au sein de grandes institutions théâtrales (Nanterre Amandiers, Festival d’Avignon, Festival d’Automne, Odéon) a voulu créer ici un espace de convivialité créative sans se payer de mots, loin des grosses machines culturelles. En collaboration avec le Jeune théâtre national, il offre à de jeunes artistes des résidences de création et des conditions de travail de qualité. Ils sont logés chez l’habitant ou au Château, nourris par une équipe de bénévoles et ont à leur service des équipements de la ville. Les lieux de représentation sont des plus hétéroclites, de la salle des mariages à la mairie au château de Villerville, en passant par l’improbable et incongru chalet au cœur du beau parc des Graves avec vue sur mer, la salle de classe ou le garage, tous brut de décoffrage, sans chichi, à l’image du festival. Avec un très petit budget (la recherche de partenaires est permanente et vitale), empruntant des chemins de traverse, Alain Desnot a inventé une petite forme d’une grande vitalité et propose au public une autre approche du théâtre. Découvrir les prémisses d’un spectacle en gestation est un expérience sensible inédite et émouvante ; les artistes, eux, prennent un risque à exposer leur travail en cours. On est au coeur d’une fabrique artistique et on peut voir des spectacles initiés l’année précédente et présentés l’année suivante dans leur forme aboutie. La moisson est riche cette année de huit spectacles ou projets et d’un concert sur quatre jours seulement.
L’heure est au changement. Considérant que le bébé est arrivé à maturité, Alain Desnot a décidé de passer le relais ; le tout jeune Matéo Cichaki, un artiste familier du festival, programmé cette année, sera désormais aux commandes de cette petite embarcation théâtrale à laquelle on souhaite bon vent.
Pour découvrir le festival et ses programmations : www.unfestivalavillerville.com

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