Monarques. Emmanuel Meirieu
De la migation

Projetées sur un magnifique rideau de scène, des images qui semblent sorties d’un album de famille, racontent l’histoire d’un canadien amoureux des papillons monarques au point de suivre en parapente leur trajet migratoire jusqu’au sanctuaire mexicain El Rosario, où l’on découvre d’impressionnantes grappes de papillons multicolores agglutinés les uns contre les autres. Ce périple extravagant est une sorte d’hommage au frère du jeune homme mort d’un accident de parapente, mais aussi une métaphore. Ce préambule Nature et découverte passé, le rideau se lève sur une scène effrayante. Trois wagons d’un train de marchandises occupent l’espace, fermant la scène de leur monumentalité (très belle réalisation de Seymour Laval). Sur le toit du train des mannequins comme des personnages figés par la mort dans leur dernière posture. La Bestia est le train emprunté par les migrants d’Amérique latine qui traverse le Mexique jusqu’à la frontière avec les Etats-Unis, c’est-à-dire jusqu’au mur érigé par Trump contre lequel les passagers en détresse viennent se fracasser, tandis que les papillons monarques, qui font le trajet en sens inverse, se jouent de l’obstacle qu’ils survolent sans même l’apercevoir. Il y a donc migrateurs et migrateurs, humains et animaux. Le parallèle surprenant aurait pu fonctionner, mais on dirait qu’Emmanuel Meirieu s’est arrêté au bord de son idée. Résultat, le texte s’égare dans des jérémiades ad libitum, écrasé par la carcasse de ferraille du train inerte et muet. Le spectacle donne à voir, mais ne raconte rien de l’enfer vécu par les migrants ni de la migration des papillons, si ce n’est qu’ils arrivent à destination le jour de la fête mexicaine des morts.
Monarques. Texte et mise en scène Emmanuel Meirieu et Jean Erns Marie-Louise, avec la complicité de Julien Chavrial et Odile Lauria. Avec Julien Chavrial et Odile Lauria. Lumières, Seymour Laval. Son et musique, Felix Muhlenbach. Décor, Seymour Laval, Emmanuel Meirieu. Sculptures, marionnettes, mannequins et accessoires, Emily Barbelin. Costumes, Moïra Douguet.
A Paris, théâtre des quartiers d’Ivry jusqu’au 21 janvier 2026. Durée 1h30. A partir de 11 ans.
© Christophe Raynaud De Lage
Tournée
29 et 30 janvier, MC2 : Maison de la Culture de Grenoble
24 mars Le Manège, Scène nationale transfrontalière, Maubeuge
26 et 27 mars Théâtre d’Aurillac, Scène conventionnée
2 avril L’Estive, Scène nationale de Foix
8 au 11 avril Festival Mythos, Rennes
22 au 26 avril Les Célestins, Théâtre de Lyon
28 et 29 avril CDN de Normandie-Rouen
5 et 6 mai Le Volcan, Scène nationale du Havre
19 et 20 mai Théâtre du Bois de l’Aune, Aix-en-Provence
21 mai Le Tangram, Scène nationale d’Évreux
26 mai anthéa, Antipolis Théâtre d’Antibes



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