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Patrice Chéreau, j’y arriverai un jour.

par Jean Chollet

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Né des rencontres organisées à Thessalonique, lors de la remise du prix Europe pour le théâtre attribué le 13 avril 2008 à Patrice Chéreau, cet ouvrage réalisé par Georges Banu et Clément Hervieu – Léger apporte un précieux témoignage de la trajectoire artistique du metteur en scène. Il est constitué pour une bonne part de propos recueillis au cours d’un dialogue avec Georges Banu, dans lequel Patrice Chéreau livre ses réflexions sur son parcours et les évolutions de sa pratique au théâtre, à l’opéra, et de leurs rapports avec le cinéma. Il revient dans ces trois disciplines sur les motivations, les doutes et les enseignements, qui ont accompagné ses créations les plus marquantes durant trois décennies avec une foi toujours intacte. Il évoque ses années au Théâtre des Amandiers de Nanterre, sa relation aux écritures contemporaines – de Genet à Koltès, à la musique, ou à son travail avec les comédiens – lui qui passe pour un maître dans la direction d’acteurs. De la part d’une personnalité qui fait référence dans le spectacle vivant comme au cinéma, pas d’auto – satisfaction, davantage des remises en questions et des curiosités qui aujourd’hui le motivent pour l’avenir. « Je vis, depuis toujours, dans la peur de reproduire ce que j’ai déjà fait. C’est sans doute pour cela qu’à un moment donné j’ai cessé de faire des mises en scène d’opéra, j’avais l’impression que j’étais arrivé à une sorte d’habilité qui me faisait utiliser des recettes : on fini par acquérir un savoir –faire – c’est agréable, voire valorisant , mais en même temps c’est terrible. Oui, je peux dire que je crains le savoir-faire. ». Plus loin, il ajoute : « Le fait d’acquérir un savoir nouveau et d’inventer des réponses inhabituelles me mettent en joie ». Nous sommes loin d’un discours théorique – qui de sa part ne manquerait pas d’intérêt – mais davantage invité à des confidences à même de composer le portrait sensible d’un créateur engagé tout en éclairant sa pratique. Le reste de l’ouvrage est composé d’une vingtaine de témoignages de collaborateurs ou de compagnons de route de Patrice Chéreau (dont les comédiens Dominique Blanc, Pascal Grégory, Bruno Todeschini, le scénographe Richard Peduzzi, les dramaturges Françoise Benhamou et François Regnault, sa co-directrice à Nanterre, Catherine Tasca, ou encore les directeurs d’opéras Gérard Mortier et Stéphane Lissner…) qui évitent de tomber dans l’hommage convenu, pour cerner la personnalité de l’homme et de l’artiste. Un cahier de photos et une chronologie de ses créations complètent ce recueil intéressant à bien des titres.

Patrice Chéreau, j’y arriverai un jour, réalisation Georges Banu et Clément Hervieu – Léger, édition Le temps du théâtre, Actes Sud, 190 pages, 22 €

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