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Critiques / Théâtre

Le Timide au palais de Tirso de Molina

par Corinne Denailles

Divertissement espagnol

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On connaît Tirso de Molina comme le père de Dom Juan, l’abuseur de Séville, mais on ne voit pas souvent à l’affiche les pièces de ce dramaturge du siècle d’or espagnol qui n’en écrivit pas moins de quatre cents, dont il nous est parvenu à peine le quart. L’œuvre de Molina qui appartenait à l’ordre de la Merci, compte nombre de pièces édifiantes ou inspirés de la Bible, des autos sacramentales mais aussi quelques comédies savoureuses comme ce Timide au palais qui rappelle les comédies de Lope de Vega mais aussi les farces de Molière.
Au palais, deux sœurs sont promises à des maris peu avenants. Pendant ce temps-là, à la campagne, un jeune homme étrangement ambitieux ne rêve que d’ors et de brocards. Une occasion inespérée et périlleuse le conduira vers son destin, accompagné de son fidèle ami, affolé à la perspective de cette aventure. Si le jeune homme entreprenant ne manque pas de fougue et ne craint aucun danger, il perd tous ses moyens dès qu’il est amoureux au point de faire piètre figure devant sa bien-aimée. C’est justement ce qu’il lui arrive quand il rencontre la jeune et rebelle Magdalena. Le jeune homme découvre finalement le secret de sa naissance, les amoureux s’épousent et tout est bien qui finit bien. L’histoire est simple mais habilement conçue d’imbroglios en quiproquos et autres malentendus sources inépuisables de situations comiques : des déguisements, des intrigues, des projets de mariage arrangé qui seront déjoués, des duels, une double fuite nocturne organisée qui rappelle la scène du balcon de Cyrano comme celle de Roméo et Juliette, etc.
La mise en scène ne prétend à rien d’autre qu’à communiquer ce plaisir du jeu et y réussit fort bien. Nés dans les ateliers de costume, les personnages de Tirso de Molina prennent vie devant nos yeux l’espace de la représentation. Sur un ton un peu goguenard, dans un décor de carton-pâte, avec des costumes qui ne se prennent pas plus au sérieux que les comédiens qui les portent, tous conduisent avec une belle énergie et dans un véritable esprit de troupe cette comédie légère de cape et d’épée qui ne parle que d’amour.

Le Timide au palais de Tirso de Molina , mise en scène Gwenhaël de Gouvello, avec Gregori Baquet, Jean-Michel Canonne, Brigitte Damiens, Marie Grach, François Kergourlay, Marie Provence, Rainer Sievert, Stephen Szekely, Jean Benoît Terral et Eric Wolfer. AU théâtre 13, mardi, mercredi, vendredi 20h30, jeudi, samedi 19h30, dimanche 15h30. Tél : 01 45 88 62 22.
Durée : 2 heures.

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