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Critiques / Musique

Le Cuarteto Cedrón

par Corinne Denailles

Buenos Aires-Paris-Buenos Aires, allers-retours

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On dit de Buenos Aires que c’est le Paris sud américain, c’est peut-être la raison pour laquelle tant d’artistes porteños sont venus à Paris, souvent fuyant la dictature. Au théâtre, les Argentins de Paris ont apporté leur fantaisie grave, leur sens de la tragédie et de l’humour, du fantastique et du baroque, de Copi à Roberto Arlt ou Daniel Veronese, de Jorge Lavelli à Alfredo Arias et Marcial Di Fonzo Bo ; un vent d’insolence créative. Et puis du côté de la musique, le tango, dont on dit que c’est le Toulousain Carlos Gardel qui aurait impulsé la popularité que l’on connaît. Depuis, s’affrontent les tenants de la tradition et ceux qui veulent faire évoluer le genre. Le Cuarteto Cedrón met les plaideurs d’accord en conjuguant depuis maintenant 46 ans tradition et modernité, de Buenos Aires à Paris, aller-retour. Juan Cedrón, comme l’Espagnol Paco Ibañez avec lequel il a partagé autrefois la scène de l’Olympia, a fait le choix singulier de mettre en musique la poésie, de rendre populaire un genre réputé difficile. Comme Ibañez, il compose les musiques et outre le tango, il nous entraîne du côté des rythmes typiquement argentins de la milonga ou du candombe.

Un charme irrésistible

Le quatuor, qui fut d’abord un trio, a évolué au fil des années. La formation initiale, mythique, telle qu’on a pu la découvrir dans les années 1970, était composée de Juan Cedrón (guitare et chant), Miguel Praino (violon), César Stroscio (bandonéon), Jorge Sarraute (contrebasse). Depuis 2004, Juan Cedrón est reparti vivre en Argentine, mais il n’a jamais vraiment quitté Paris. Le voilà de retour avec une formation exceptionnelle qui compte aujourd’hui son fils Roman Cedrón qui danse un pas de deux superbe avec sa contrebasse et l’extraordinaire Miguel Lopez au bandonéon qui habite la musique d’une manière à la fois théâtrale et totalement intériorisée ; il fait corps avec son instrument et dégage une tension d’une formidable densité. Tout est interprétation et jeu au service de la poésie et de la musique. Les jeux de scène théâtraux, les regards entre musiciens, il y a un vocabulaire du tango qui conjugue exaltation sentimentale et deuxième degré et joue de toutes les nuances sur l’échelle du sentiment, de l’émotion et de la sensualité. La mélodie semble tantôt voyager d’un instrument à l’autre, tantôt se fondre à l’unisson dans un puissant forte pour s’apaiser avant de dessiner de nouvelles courbes qui viennent enlacer le spectateur. Au répertoire de ce nouveau spectacle parisien des poèmes de Homero Manzi, de Gonzalès Tuñon ou Agustin Bardi, entre autres. Pour tous les amoureux du tango, et pour ceux qui vont avoir la chance d’en faire la découverte, le Cuarteto Cedrón est au théâtre des Déchargeurs en avant-première de la saison 2011-2012 où on pourra les voir en novembre à nouveau aux Déchargeurs et en mai 2012 au Théâtre de la ville.

Le Cuarteto Cedrón au Théâtre des Déchargeurs, le 24 avril à 19h.
Le dernier album paru en 2008 : Orejitas Perfumadas, poésies de Mario Paoletti inspirées sur des personnages de Roberto Arlt
Le prochain à paraître sera un double album : Corazón de piel afuera sur des poésies de Miguel Angel Bustos et Godino, Luis Alposta, Paco Urondo, Raúl González Tuñón, entre autres auteurs.

http://cuarteto-cedron.blogspot.com

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