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Critiques / Théâtre

La Dame céleste et le Diable délicat de Bérangère Dautun et Claude-Alain Planchon

par Gilles Costaz

Les amants de l’Opéra

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C’est un récit d’amour qu’on pourrait croire venu du XIXe siècle, ou même des temps courtois du Moyen Age. Pourtant, c’est une histoire réelle qui s’est déroulée à la fin du XXe siècle, dans les années 80. Un homme de 37 ans et une femme de 70 ans se sont tout à coup aimés comme Tristan et Yseut, à partir d’un simple regard. Quand, après quelques années, la femme est décédée, l’homme a conté ce coup de foudre et cette relation brûlante dans un livre, dont Bérangère Dautun vient de tirer la pièce qu’elle joue avec Alexis Néret. L’homme était (et c’est toujours) un médecin-écrivain parisien. La femme était une critique de danse importante, Gilberte Cournand. Leur vie amoureuse n’a pas été sans nuages. A un moment, l’homme s’est détaché de Gilberte pour vivre avec une jeune fille. Mais leur amour a été le plus fort. Il les a réunis à nouveau jusqu’à ce que la mort les sépare.
L’action se passe beaucoup à l’Opéra (frôlement des mains, communion dans la musique et le spectacle des ballets), dans l’appartement de Gilberte et dans sa librairie-galerie. Stéphane Cottin enchaîne les épisodes, qu’on appellera plutôt des tempos tant la soirée est musicale – autant dans son émotion et dans l’élégance des rapports entre les personnages que dans la bande son – dans un décor unique. Trois étroits rideaux, hauts comme des colonnes, créent une atmosphère de salon intemporel. Des vidéos plus symboliques que concrètes s’inscrivent sur ces rideaux. Les éclairages sont verticaux. Il y a quelque chose de l’estampe, du tableau mythique, d’une distorsion esthétique à la Piranèse dans la belle mise en scène de Cottin. En tenue de soirée, les interprètes sont romanesques sans excès. Bérangère Dautun a la diction et la gestuelle d’une magnifique pureté : elle est avec perfection la femme vouée à la beauté. Alexis Néret est dans un égal élan de l’âme, mais dans une âme qui se débat avec la jeunesse du corps. Il joue excellemment entre vivacité et songe. Ce spectacle est un entêtant battement de cœurs.

La Dame céleste et le Diable délicat de Bérengère Dautun d’après Claude-Alain Planchon, mise en scène de Stéphane Cottin, avec Bérengère Dautun et Alexis Néret.

Studio Hébertot, 19 h du jeudi au samedi, 17 h le dimanche, tél. : 01 42 93 13 04. (Durée : 1 h 05).

Photo Cyrille Valroff.

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1 Message

  • Deux âmes se frôlent un jour pour ne plus se quitter. J’ai aimé le décor minimaliste, un rien éclectique évoquant avec une élégance raffinée ce haut lieu de la Musique et des Arts qu’est l’Opéra Garnier.
    Admirable Bérengère Dautun, comme aspirée par l’amour inconditionnel de la dame céleste pour son diable délicat ! Alexis Néret, très convaincant également et touchant dans son rôle plus complexe de jeune diable délicat et de narrateur !
    Au début des belles rencontres, on n’y croit pas, mais à celle-ci on y croit, n’est-ce pas le plus beau message que puisse donner cette pièce adaptée de l’émouvant récit autobiographique très documenté sur le monde de la danse de Claude-Alain Planchon.

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