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Klaus Michael Grüber

par Jean Chollet

A la mémoire du metteur en scène disparu

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Après avoir donné son nom à sa troisième salle à l’automne 2010, le Théâtre national de Strasbourg consacre judicieusement une publication au grand metteur en scène allemand décédé en 2008, à l’âge de soixante-sept ans. Une figure majeure du théâtre européen à partir du début des années 1970, dont les créations ont contribué à la renaissance et aux évolutions de la scène contemporaine, parfois dans des lieux qui ne lui étaient pas consacrés. Comme en témoignent les soixante-dix mises en scène pour le théâtre et l’opéra dont il fut l’auteur. Passé par le Piccolo Teatro de Giorgio Strehler, puis associé à la direction de la Schaubühne aux côtés de Peter Stein, il fut révélé au public français lors de ses présences fidèles au Festival d’automne. Ceux qui ont eu la chance de voir Faust Salpêtrière (1976), Bérénice (1984), Le Récit de la servante Zerline (1986) La Mort de Danton (1989) ou encore Amphitryon (1991), s’en souviennent encore avec émotion et admiration. Des spectacles représentatifs d’une création réalisée sans esbroufe et avec une économie signifiante de moyens, pour explorer avec profondeur les marges des œuvres représentées en leur offrant de nouveaux éclairages.

Aussi est-ce avec bonheur que l’on retrouve la présence et le souvenir de ce praticien éclairé et novateur du théâtre à travers différents hommages ou témoignages qui composent cet ouvrage. Parmi lesquels, ceux de André Wilms, Jean-Pierre Vincent, André Marcon et de son décorateur Eduardo Arroyo, les évocations de sa mémorable Bérénice par Muriel Mayette, Eric Vigner et Jean-Pierre Thibaudat, ou la transcription d’Annette Rosenfeld d’extraits de notes de répétition pour Sur la grand’route de Tchekhov (1984) qui constituent une véritable leçon de théâtre selon K.M. Grüber. Illustré de photos couleur et noir et blanc, ce dossier de 96 pages est accompagné d’un CD s’ouvrant sur une mise en chanson d’un texte de Brecht interprétée par Angela Winkler. Au-delà des intervenants déjà cités, on entendra les voix de Hanna Schygulla, Luc Bondy, Julie Brochen, Michel Piccoli, Jeanne Moreau ou Rudy Sabounghi, et non sans émotion celle du metteur en scène disparu. Dirigée par Julie Brochen, une précieuse publication au carrefour de la mémoire et de la transmission. Renseignements et commandes n.trotta tns.fr

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