Werther de Massenet au Théâtre des Champs-Élysées jusqu’au 6 avril

Benjamin Bernheim est Werther !

Reprise d’une production créée la saison passée à La Scala de Milan, ce Werther de Massenet ne manque pas de séductions.

Benjamin Bernheim est Werther !

À COMMENCER, POUR CE QUI EST DES SÉDUCTIONS, par le rôle-titre incarné avec bagout autant qu’un chant bien distillé par Benjamin Bernheim. On goûte particulièrement sa technique de ténor sachant jouer de notes en voix de tête mais avec une ardeur jamais prise en défaut comme celle de son incarnation. Le Werther du moment ! À ses côtés, Jean-Sébastien Bou est aussi tout un luxe pour Albert, le mari délaissé, non point cependant dans sa participation active d’un chant barytonnant bien placé. Les deux rôles féminins sont autant parfaitement adaptés, par le mezzo profond de Marina Viotti (Charlotte) et le soprano irradiant de Sandra Hamaoui (pour une pétulante Sophie). Et tous, ainsi que des seconds rôles bien sentis, avec une excellente élocution française pour cette distribution internationale.

Un ton juste

Côté mise en scène, Christof Loy conçoit un jeu théâtral en phase avec l’action dans un décor de grand salon bourgeois adapté à la thématique (par Johannes Leiacker) et des costumes intemporels (de Robby Duiveman) qui le sont autant. Le metteur en scène allemand (passionné par ailleurs de zarzuela – nous aurons l’occasion d’y revenir) trouve le ton juste pour cet opéra si français. Peut-être regrettera-t-on la persistance d’un Albert planté de quelques gestes et où il n’a que faire, dans la scène finale théoriquement de la seule mort du héros et de la révélation d’amour de Charlotte.

Jolie intervention des enfants de la Maîtrise des Hauts-de-Seine. L’orchestre quant à lui, celui des Siècles, profite de ses timbres d’époque, avec notamment des cuivres percussifs (que l’on a peu l’habitude d’entendre dans cette œuvre), sous la battue vigilante de Marc-Leroy Calatayud. Un Werther accompli, entre son livret académique et une musique foisonnante à défaut d’être toujours des plus inspirées.

Illustration : Sandra Hamaoui (Sophie), Benjamin Bernheim (Werther), Marina Viotti (Charlotte), Jean-Sébastien Bou (Albert). Photo Vincent Pontet (dr)

Jules Massenet : Werther. Avec Benjamin Bernheim (Werther), Jean-Sébastien Bou (Albert), Marina Viotti (Charlotte), Sandra Hamaoui (Sophie). Johannes Leiacker (scénographie), Robby Duiveman (costumes), Christof Loy (mise en scène). Maîtrise des Hauts-de-Seine, Orchestre Les Siècles, dir. Marc-Leroy Calatayud. Paris, Théâtre des Champs-Élysées, 22 mars 2025. Représentations suivantes : 25, 28, 31 mars, 3, 6 avril.

A propos de l'auteur
Pierre-René Serna
Pierre-René Serna

Journaliste et musicographe, Pierre-René Serna entretient plusieurs activités paramusicales (organisation de colloques, rédaction de programmes de concerts et d’opéras, conférences, production d’émissions radiophoniques) et collabore à différents...

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