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Critiques / Théâtre

Après la répétition de Ingmar Bergman

par Corinne Denailles

Pour le théâtre

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Bergman était peut-être plus fondamentalement homme de théâtre que cinéaste. Il se livre dans cette pièce à une réflexion intime, parfois cruelle, sur son art et sur les relations qu’entretient un metteur en scène avec les comédiens, avec son travail, avec sa vie privée où parfois tout se mélange. Laurent Laffargue a pris en compte la double appartenance du texte au théâtre et au cinéma. Il a choisi des acteurs familiers des deux univers et a inscrit dans le décor un écran de cinéma dont il fait un usage sobre et très pertinent. Il joue aussi de la mise en abyme en attribuant au metteur en scène et directeur du théâtre de la commune, Didier Bezace, le rôle de Henrik Vogler, double de Bergman. Au-delà de la distribution, comme le fait le metteur en scène de la pièce, Laffargue a recyclé des éléments de décor de précédents spectacles. Henrik Vogler se retrouve tour à tour en présence de deux femmes dont l’une est la fille de l’autre et peut-être celle du metteur en scène avec lequel se joue la confusion des sentiments. Ainsi le travail théâtral se confond avec une vie amoureuse tumultueuse, ainsi les temps se se superposent sans qu’on ne sache jamais vraiment si tout ceci est rêve, illusion ou réalité, autant dire l’essence même du théâtre. D’ailleurs Henrik monte, pour la cinquième fois, Le Songe de Strindberg. Les comédiens sont toujours dans la réalité de l’instant. Didier Bezace est, sur le plateau, un metteur en scène absorbé par son art qu’il analyse brillamment, et un homme solitaire, un peu bourru quand il voudrait être tendre, un peu maladroit, souvent ironique, séduit par la jeune comédienne Anna (Céline Sallette), et par l’idée de la séduire. Anna attend de lui qu’il fasse advenir l’actrice et la femme, elle cherche un papa qui lui donne confiance en elle et le talent dont elle rêve. En contraste, Fanny Cottençon, l’ex-maîtresse alcoolique, déchirée et pathétique, porte la damnation de l’actrice ratée qui n’est encore qu’une vague menace pour la jeune Anna, miroir du temps qui passe. Tout Bergman est dans ce trio et la mise en scène de Laurent Laffargue, qui met en abyme sa réflexion sur le théâtre et sur la vie, est un bel hommage à l’artiste suédois.

Après la répétition de Ingmar Bergman mise en scène Laurent Laffargue avec Didier Bezace, Céline Sallet et Fanny Cottençon. Au théâtre de l’Athénée jusqu’au 6 décembre 2008. Du mercredi au samedi à 20h, mardi 19h, dimanche 23 à 16h, samedi 6 décembre à 15h. Tél : 01 53 05 19 19

www.athenee-theatre.com

crédit photo : Eric Charbeau

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