Ah le grand homme de Pierre et Simon Pradinas

Une farce un peu trop légère

Ah le grand homme de Pierre et Simon Pradinas

Pierre Pradinas et son frère Simon ont écrit une pièce sur le monde du théâtre dans laquelle on retrouve le goût de l’ancien directeur du théâtre de l’Union à Limoges pour le style « hénaurme » à la manière de Gabor Rassov dont il a mis en scène plusieurs pièces. Sous un prétexte totalement invraisemblable, une petite bande de bras cassés, d’artistes ringards ont carte blanche pour monter un spectacle en quelques heures pour une seule soirée. Le metteur en scène hâbleur et dénué d’inspiration a beau se démener, il ne trouve pas l’amorce d’une idée ; les comédiens friment sans y croire. Ils débattent dans le vide, ils brassent de l’air et comme le temps passe, ils finissent par jeter leur dévolu sur Le Cid pour rendre hommage à Jean Vilar, « le grand homme ». Le spectacle, qui jusque là s’alanguissait, semble vouloir démarrer. C’est un festival de scènes farcesques plus invraisemblables les unes que les autres qui virent trop souvent au grotesque débridé qui ne comble pas la vacuité du texte. Pourtant il y avait une idée intéressante dans le mystère des voix de Gérard Philipe et de Jean Vilar surgies de nulle part comme des fantômes qu’on aurait dérangés et qui reprendraient du service. Panchika Velez dont on avait beaucoup aimé les précédentes mises en scène ne parvient pas à donner corps à ce qui n’en a pas, il en va de même pour les comédiens. On appréciera malgré tout le jeu d’Yvan Le Bolloc’h et surtout celui de Jean-Jacques Vanier, particulièrement drôle dans ce rôle de pauvre gars qui n’a jamais eu de chance, avec cette voix inimitable de faux timide, de rêveur égaré dans notre monde toujours à côté des situations. Rendre hommage aux grands et aux obscurs artistes de théâtre sur le mode de la farce était une idée amusante mais cela ne suffit pas à faire un bon spectacle.

Ah le grand homme de Pierre et Simon Pradinas, mise en scène Panchika Velez, avec Yvan Le Bolloc’h, Jean-Jacques Vanier, Jean-Luc Porraz, Stéphan Wojtowicz, Aurélien Chaussade, Jean-Pierre Malignon, Serena Reinaldi. Au théâtre de l’Atelier du mardi au samedi à 21h, dimanche à 15h, jusqu’au 20 mars 2016.

A propos de l'auteur
Corinne Denailles
Corinne Denailles

Professeur de lettres ; a travaille dans le secteur de l’édition pédagogique dans le cadre de l’Education nationale. A collaboré comme critique théâtrale à divers journaux (Politis, Passage, Journal du théâtre, Zurban) et revue (Du théâtre,...

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