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Critiques / Danse

Xenos d’Akram Khan

par Yves Bourgade

Ses adieux à la scène comme danseur

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Akram Khan, danseur et chorégraphe bengalo-britannique mondialement connu, a l’air en pleine forme et pourtant à 45 ans , il a décidé de faire ses adieux à la scène, comme danseur, avec un ultime solo Xenos .Mais, raconte-t-il volontiers, il entend assumer son « métier de père » difficilement compatible avec les tournées.
L’occasion est de voir cet étonnant performeur, avant sa retraite, à Paris à l’invitation du Théâtre de la Ville, à la Grande Halle de la Villette jusqu’au 22 décembre 2019.
A l’époque où les problèmes de l’intégration et du métissage se posent dans le monde, Akram Khan, né à Londres de parents venus du Bangladesh, plaide en danse pour un mariage habile de danses traditionnelles et rituelles indiennes, principalement le Kathak qu’il a appris dès l’âge de 7 ans et de la danse contemporaine occidentale à laquelle il s’est initié en Grande-Bretagne et en Belgique avec Anne Teresa de Keersmaeker..
En 2000, il fonde sa première compagnie et il devient rapidement un des chefs de file de la danse contemporaine britannique, collaborant pour une danse spectaculaire et énergique avec des personnalités comme le chorégraphe Flamand Sidi Larbi Cherkaoui, ou l’étoile française Sylvie Guillem avec laquelle il a créé un duo, de même avec l’actrice française Juliette Binoche.
Sa réputation est si établie lors de tournées dans le monde qu’on lui avait commandé
la chorégraphie de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Londres en 2012. Peu après, il est fait membre de l’Ordre de l’Empire Britannique par la reine Elisabeth II en personne. Il a également signé pour l’English National Ballet, une troupe occidentale de danse classique, une nouvelle chorégraphie de la romantique « Giselle » qui avec lui devient un conte moderne sur les migrants que l’on verra au Châtelet à Paris du 11 au 18 juillet 2020. En 2019, il a présenté au 73ème Festival d’Avignon, dans la cour d’honneur du Palais des Papes, un ballet pour six danseurs évoquant un épisode de la légende de Gilgamech , Outwitting the devil , une manière de revisiter un mythe fondateur de l’humanité.

Xenos (étranger en grec) qu’il interprète à Paris pour ses adieux est une commande de la Mission britannique pour la commémoration de la première Guerre mondiale. Akram Khan a signé une chorégraphie impressionnante et dérangeante qui rappelle en 70 minutes l’histoire de milliers d’hommes des colonies de l’Empire britannique (notamment des Indiens, des Pakistanais, des Bengalais…) qui ont été enrôlés sous le drapeau et sacrifiés en 14-18 et dont on n’a très peu parlé. Le danseur-chorégraphe commence par danser accompagné par des musiciens traditionnels de son pays avant de se trouver précipité dans l’enfer de la guerre. Le décor simule une tranchée boueuse avec une multitude de cordes qui deviendra tombeau creusé par le soldat lui-même. Alternent accélérations giratoires empruntés à la danse kathak, rotations des mains, claquements des pieds et ralentis de la danse contemporaine.

Grande Halle de La Villette–Théâtre de la Ville à Paris : jusqu’au 22 décembre 2019 à 20h sauf le 22 à 16h, relâche les 15 et 19 décembre 2019, durée 1h1O, places 32€.

Photo Akram Khan@ Jean-Louis Fernandez

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