Les 4, 5, 6 juillet à 17h et 22h, au Festival d’Avignon In, à L’Opéra du Grand Avignon.
Uma Luz Cordial Capítulo III da Trilogia Cadela Força, Carolina Bianchi & Cara de Cavalo (Brésil – Pays-Bas), conception, texte, mise en scène et scénographie Carolina Bianchi.
Une belle confiance en l’acte d’écrire et de lire, par-delà la mort.

Carolina Bianchi est une autrice, metteuse en scène et performeuse brésilienne vivant en Europe depuis 2020. Prix Lion d’argent de la Biennale de danse de Venise (2025), ses œuvres s’inscrivent dans une perspective de crise, selon les thèmes du genre, de la violence et du désir, de l’histoire de l’art, du théâtre et de l’écriture. Elle poursuit sa Trilogie Cadela Força initiée en 2023. Après avoir exposé les conséquences du viol sous emprise de sédatifs (Chapitre I) et la violence inhérente à l’histoire de l’art (Chapitre II), le chapitre final, UMA LUZ CORDIAL, dépasse la brutalité de la création.
« Ce titre Uma Luz Cordial est tiré d’un poème d’Emily Dickinson, « My Life had stood – a Loaded Gun » (Ma Vie était – un Fusil Chargé), écrit depuis la perspective d’une arme. La voix qui parle dans le poème est celle d’un fusil qui, à un moment, dit : « And do I smile, such cordial light » (Et quand je souris, une lumière si cordiale). La poétesse, et l’acte d’écrire, est comparée à une arme chargée, qui passe sa vie à tirer, condamnée à tuer sans jamais mourir elle-même. La poésie d’Emily Dickinson atteint une beauté brutale dans sa façon de traiter de la violence des sentiments, de la mort, du sexe. »
La performeuse explore le processus de l’écriture, brouillant les frontières entre théâtre et littérature, entrelaçant écriture et sexualité à partir de la fiction. Ce chapitre assemble brouillons, carnets, notes et emprunts à d’autres auteurs – comme Hilda Hilst ou Emily Dickinson. Bianchi y révèle la violence de l’acte d’écrire et celle de se confronter à l’énigme de sa sexualité - matière personnelle et obscure à la Dante, « forêt profonde » de la création.
« Soit une immersion dans ce qui rend misérable, vulnérable, colérique : l’écriture, le moment de créer, de donner une forme artistique à un cauchemar ». Et convoquer une autre autrice, Hilda Hilst, écrivaine et poétesse brésilienne, avec la lecture d’un passage de l’un de ses romans, Le Cahier rose de Lori Lamby, livre pornographique qui parle de l’écriture, de sa découverte comme de la découverte de la sexualité. Hilda figure dans cette pièce comme un alter ego de la conceptrice. Cette relation intime à d’autres autrices traverse l’ensemble de ce travail. Et la question inépuisable de la sexualité fait d’UMA LUZ CORDIAL le désir d’aller plus loin dans la fiction.
S’impose la rencontre avec l’écriture et avec les alter ego, d’autant que l’expérience de la lecture et celle de l’écriture sont indissociables - un vertige. Et à l’écran, Hilda Hilst elle-même, Marguerite Duras, Thomas Bernhard…et sont cités les plus grands noms de la littérature universelle.
Le spectacle-performance est un cérémonial, un espace ritualisé, dont la logique autre de présence et de mystère, intrigue. Le corps révèle une forme errante en proie à une sexualité désorganisée, une expression de soi qui vient d’un chaos, d’une angoisse – et du plaisir qui peut exister.
Aussi les corps apparaissent-ils sur la scène, dénudés, ou portant pour certains une genouillère, tant ils courent, chutent ou bien rampent sur la scène, se jetant au sol, butant sur un autre qu’ils approchent et soumettent, ou bien s’éloignent en suivant un autre parcours pour une autre rencontre plus heureuse ou malheureuse. Des corps fantômes, des corps spectres que l’on distingue à peine dans la nuit du plateau, des formes glissantes et évanescentes, à la fois présences et absences insaisissables et fuyantes, signes de fiction et signes de réalité dans le clair-obscur de la forêt profonde.
Entre ces scènes collectives de corps débridés et ouvertement en pagaïe et en bousculade - chocs et heurts - , apparaît sur le plateau Carolina Bianchi, narratrice calme et paisible, souriante et tranquille, à l’écoute sereine du public, n’en livrant pas moins des sentiments de vertige et d’effroi existentiels mais accordant sa pleine confiance à l’acte d’écrire et de lire, par-delà la mort.
Uma Luz Cordial Capítulo III da Trilogia Cadela Força, Carolina Bianchi & Cara de Cavalo (Brésil – Pays-Bas), conception, texte, mise en scène et scénographie Carolina Bianchi ; le texte contient un extrait du livre « O Caderno Rosa de Lori Lamby » de Hilda Hilst. Avec Rodrigo Andreolli, Larissa Ballarotti, Carolina Bianchi, Lucas Del no, Joana Ferraz, Flow Kountouriotis, Fernanda Libman, Amanda Lyra, Danielli Mendes, Carolina Mendonça, révision du texte Larissa Ballarotti, traduction pour le surtitrage Marina Matheus (Anglais), Thomas Resendes (Français), dramaturgie et recherche Carolina Mendonça, direction technique, création sonore et musique Miguel Caldas, assistanat à la mise en scène Murillo Basso, réalisation du décor et design graphique Luisa Callegari, lumière Jo Rios, vidéo et projection Montserrat Fonseca Llach, costumes Luisa Callegari, Carolina Bianchi. Les 4, 5, 6 juillet à 17h et 22h, au Festival d’Avignon In, à L’Opéra du Grand Avignon. Du 19 septembre au 2 octobre 2026 à l’Odéon Théâtre de l’Europe dans le cadre du Festival d’Automne à Paris, Les 19, 20, 26 et 27 septembre 2026 TRILOGIA CADELA FORÇA, les 23 et 30 septembre 2026 CAPÍTULO I – A NOIVA E O BOA NOITE CINDERELA, les 24 septembre et 1er octobre 2026 CAPÍTULO II – THE BROTHERHOOD, les 25 septembre et 2 octobre 2026 CAPÍTULO III – UMA LUZ CORDIAL.
Crédit photo : Christophe Raynaud de Lage.



