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Critiques / Comédie & Humour

Treize à table de Marc-Gilbert Sauvageon

par Marie-Laure Atinault

Treize à table, une superstition hilarante !

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Ébullition chez les Villardier. Ce soir n’est pas un soir comme un autre, c’est noël. Le sapin, dans le salon, n’attend plus que les douze coups de minuit et la distribution des paquets. Le menu du réveillon, concocté par la maîtresse des lieux, est ce que l’on peut rêver de mieux pour fêter dignement le divin enfant !!! Un extra est engagé pour servir à table, et son étonnement le fait sourciller lorsqu’il apprend que la maîtresse de maison est un homme ! Les Villardier sont pacsés depuis peu, ils forment un couple gay très uni. Edouard (madame Villardier) fait le point sur les paquets, personne ne doit être oublié. Mais il manque un paquet, douze paquets pour treize convives, ce n’est pas possible. Cri hystérique treize à table c’est impossible, inimaginable, scandaleux. Si le mot superstitieux n’existait pas Edouard l’aurait inventé ! Être treize à table le soir du réveillon est de l’hérésie tout simplement. Les Villardier se livrent alors à un jeu des chaises musicales, comment faire pour que ce maudit treizième parte, ne vienne pas. Ô ils ne lui veulent pas de mal à ce treizième, un être sans nom au visage interchangeable, non ils veulent tout simplement qu’il se casse une jambe, soit englouti, soit enlevé, enfin qu’il ne vienne pas ! Douze voilà un nombre convenable. A table on est douze, quatorze, mais jamais treize !!! On dit que « treize à table et il y aura un mort dans l’année ». Pour conjurer cette malédiction Edouard va tout faire, mais un sort malin va contrarier tous les subterfuges et stratégies désespérés des Villardier pour conjurer cette fatalité.

Marc-Gilbert Sauvageon est un auteur bien oublié aujourd’hui, ses pièces faisaient les beaux soirs des théâtres parisiens qui, à l’époque, passaient allégrement les centièmes représentations. Treize à table, créée en 1953, sera l’un des fleurons du mythique Au théâtre ce soir. Avec Simone Renant et Robert Manuel dans les rôles des Villardier, on est bien loin du couple gay, qui n’était même pas envisageable à l’époque. En tournée René Camoin, délicieux comédien récemment disparut, y fit une prestation mémorable avec une Marthe Mercadier survoltée.

La version de Pierre Palmade passe bien la rampe et, avouons-le, nous étions quelque peu sceptique. Le couple est interprété par des émules de L’Atelier de Pierre Palmade. L’étonnant Pierre Leduc avec sa drôle de voix perchée, est un vague cousin de Jean-Jacques (que les moins de cinquante ans ne connaissent pas), il fut l’un des piliers du théâtre de boulevard. Il faudrait néanmoins que Pierre Leduc prenne garde à ne pas trop déraper dans les aigus. Yann Papin arrive à ne pas être un faire valoir et il tire habillement son épingle du jeu. Mais la palme revient aux femmes, Teresa Ovidio en pétaradante invitée et Camille Cottin, inénarrable dans le rôle de l’amie que l’on souhaite ne pas avoir !!!!

Les fous rires s’enchaînent dans un crescendo impitoyable. Le succès bien mérité est au rendez vous.

Treize à table de Marc-Gilbert Sauvageon, adapté et mise en scène Pierre Palmade. Avec Jean Leduc, Yann Papin, Teresa Ovidio, Benjamin Gauthier ou Loïc Blanco, Christophe Canard, Joffrey Platel, Camille Cottin
Théâtre Saint-Georges Tél : 0148786347
www.theatre-saint-georges.com

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