Tout Offenbach ou presque

Une bande de joyeux lurons saluent Offenbach en virtuoses d’humour musical

Tout Offenbach ou presque

Les voilà de retour : les treize zigotos qui avaient transformé La Vie Parisienne d’Offenbach en une délurée et délirante répétition d’amateurs se jetant sans filet dans la galaxie frémissante de l’opérette (voir WT du 4 janvier 2011 – 2130). Ils sont toujours treize, le chiffre continue de leur porter chance.

Ils exaltent toujours Offenbach mais ont décidé cette fois, sous l’autorité d’Alain Sachs, leur espiègle metteur en scène, de balayer large. Ce n’est plus l’une de ses œuvres qui est présentée mais un tour de piste des meilleurs crus qu’elles ont engendrés. Pas seulement ceux de ses succès planétaires, les Périchole, Grande Duchesse de Gerolstein ou Belle Hélène, mais ceux de piécettes plus discrètes mais non moins drôles.

Tout Offenbach ou presque

On pense à la compagnie Les Brigands qui depuis dix ans remet en selle et en scène les pochades oubliées du Mozart des Champs Elysées, Docteur X, Geneviève de Brabant ou L’île de Tulipitan, le clou de leur dernier spectacle (voir WT du 24 décembre 2012 - 3552). Mais la méthode n’est pas la même. Alors que Les Brigands se font épauler par un véritable orchestre, les pensionnaires de la bande d’Alain Sachs assurent tout, tout seuls : les instruments, les voix, le jeu sous le gouvernail discret mais efficace de Patrice Peyriéras qui pilote l’orchestration et l’exécution des morceaux choisis.

Tout Offenbach ou presque

Tout commence a capella par la fameuse Barcarolle des Contes d’Hoffmann, « Belle nuit, ô nuit d’amour », murmurée puis chantée des quatre coins de la salle. Les notes dérapent ici ou là, la justesse se fait attendre jusqu’à ce que chanteurs et chanteuses grimpent sur la scène et lancent le « la » de leur revue avec deux extraits des Brigands. Sur un lit, un bonhomme barbichu surveille en somnolant. Papa Offenbach dort ou fait semblant câliné par sa servante. Autour de lui, tout s’enchaîne alors dans la drôlerie, un rythme qui fait tournoyer les têtes, des idées, des trouvailles poético-farfelues qui se succèdent dans des décors à transformations, pivotant sur eux-mêmes pour installer un donjon de château fort, l’entrée d’un palais ou le bleu de la mer.

Monsieur Choufleuri, Mademoiselle Moucheron, le Château à Toto, Pomme d’Api, Lischen un Fritschen  : les petites perles oubliées s’intercalent entre les tubes de La Grande Duchesse, de La Vie Parisienne et d’Orphée aux Enfers. Pas d’histoire pour les relier, mais une suite de situations de théâtre dans un théâtre, avec un ouvreur, une ouvreuse, un metteur en scène, un directeur, une comptable près de ses chiffres, un toubib de service, et, au gré des sketches, un notaire, un postier et une critique qui prend tellement goût à ce qu’elle observe qu’elle finit par s’y convertir… Emmanuelle Bougerol soprano, Stéphane Corbin, baryton, Isabelle Fleur, comédienne jouent du piano, Thomas Dalle fait le percussionniste, Vanessa Moubarak taquine la contrebasse, ils chantent, ils gazouillent, dansent, font les acrobates… David Alexis fait figure de phénomène, timbre de ténor, swing de music hall, jambes de contorsionniste, il change d’identité à la façon d’un Fregoli, et, pour couronner la performance devient ventriloque pour qu’Offenbach devenu marionnette au bout de son bras dise avec un grand sourire et des clignements de cils sa satisfaction d’être si bien servi.

Tout Offenbach ou presque, livret et mise en scène Alain Sachs, orchestration et direction musicale Patrice Peyriéras, scénographie Lucie Long et Alain Sachs, chorégraphie Patricia Delon, costumes Marie Pawlotsky, lumières Laurent Béal. Avec : David Alexis, Adrien Biry, Emmanuelle Bougerol, Stéphane Corbin, Thomas Dalle, Noémie Delavennat, Hervé Devolder, Isabelle Fleur, Anna Jouan, Marie-Charlotte Leclaire, Marion Lépine, Vanessa Moubarak, Clément Pouillot.

Théâtre de Paris du mardi au samedi à 21h – samedis à 16h30

01 48 74 25 37 – www.theatredeparis.com

A propos de l'auteur
Caroline Alexander
Caroline Alexander

Née dans des années de tourmente, réussit à échapper au pire, et, sur cette lancée continua à avancer en se faufilant entre les gouttes des orages. Par prudence sa famille la destinait à une carrière dans la confection pour dames. Par cabotinage,...

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