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Critiques / Théâtre

La Vie Parisienne de Jacques Offenbach

par Caroline Alexander

Reprise exceptionnelle pour 60 représentations à partir du 13 janvier 2011

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Imaginons une bande de garçons et de filles qui se sont mis en tête de monter un spectacle pour leur prochaine distribution de prix. Les voilà sur le plateau nu d’un grand théâtre où un régisseur va leur soumettre le texte et la partition d’une opérette : l’histoire du baron suédois Gondremarck qui débarque à Paris pour en goûter les charmes et surtout « s’en fourrer jusque-là »

Il est accueilli par le jeune vicomte Raoul de Gardefeu, fauché et amoureux transi de la belle Metella, femme du monde et du demi-monde. Il flache aussitôt sur madame la baronne et décide de se faire passer pour guide pour lui faire la cour, se faire des sous et se venger de l’infidèle. Le voilà donc qui transforme sa maison en faux hôtel et ses domestiques en faux gens du monde pour l’organisation d’une vraie-fausse fête de « la vie parisienne »…

Faux semblant : c’est le thème autour duquel Alain Sachs a brodé la mise en scène de ce petit bijou d’opérette qu’Offenbach destinait à une troupe de comédiens de théâtre, son 66ème opus lyrique où les dialogues de Meilhac et Halévy moussent autant que la danse et la musique. Elle fut longtemps représentée comme une opérette traditionnelle avec son orchestre et ses chanteurs assermentés jusqu’à ce que Jean-Louis Barrault ne lui rende sa fraîcheur d’origine grâce aux formidables acteurs de sa compagnie, Madeleine Renaud en tête, et Jean Desailly, Suzy Delair, Simone Valère, Jean Parédès… Ils jouaient, chantaient, dansaient en costumes 1900. Sachs va plus loin, il en fait une bande d’amateurs bon enfant d’aujourd’hui qui, passant une audition, en découvrent les mots et la musique, puis peu à peu se les approprient sans chichis. A la bonne franquette !

Ils sont treize en scène et ça leur porte bonheur

Un régisseur, une habilleuse, non prévus par Offenbach vont leur servir de guide avant de s’intégrer à part entière dans l’aventure. Ils sont tous jeunes, ont des formations diverses, jouent la comédie, dansent, font les acrobates, chantent pas toujours juste mais avec conviction et candeur et taquinent allègrement toutes sortes d’instruments de musique – piano, violon, violoncelle, flûte, harpe et percussions sur xylophone qui finissent par reconstituer un orchestre de bastringue.. Des bouts de décors se mettent en place, des éléments de costumes s’accrochent aux jeans et aux jupettes et achèvent la métamorphose. Ils sont treize en scène et ça leur porte bonheur. Thomas Dalle le régisseur fait vibrer en swing les percussions, Isabelle Fleur/Metella a une vraie voix de soprano et joue du piano tout comme la délicieuse Emmanuelle Bougerol, Noémie Delavennat, l’habilleuse danse joliment, Sarah Tullamore, montée en échalas fait jouer de la flûte à sa baronne. David Alexis, tignasse blonde en pétard et jambes de contorsionniste met le Baron en délire. C’est une sorte de faux « work un progress », avec de faux airs de trois fois rien où tous apportent leur naïveté, leur grain de folie et leur plaisir palpable d’être là.

Le public est conquis et en redemande.

La Vie Parisienne de Jacques Offenbach, livret de Henry Meilhac et Ludovic Halévy, mise en scène et scénographie Alain Sachs, orchestration et direction musicale Patrice Peyriéras, costumes Marie Pawlotsky, chorégraphies Patricia Delon, lumières Philippe Quillet. Avec David Alexis, Adrien Biry, Emmanuelle Bougerol, Stéphane Corbin, Thomas Dalle, Noémie Delavennat, Hervé Devolder, Isabelle Fleur, Anna Lafont-Jouan, Marie-Charlotte Leclaire, Marion Lépine, Clément Pouillot, Sarah Tullamore.

- Théâtre Antoine -

Représentations :
du mardi au samedi 21h -
samedi 17h -
dimanche 17h (relâche lundi)

01 42 08 77 71 – www.theatre-antoine.com

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