Paris, Théâtre Poche-Montparnasse

To be Hamlet or not to be de Charlotte Rondelez

Echeveau échevelé

To be Hamlet or not to be de Charlotte Rondelez

La seconde salle du Poche a rouvert. Totalement différente de ce qu’elle était. Le public est placé autour d’une scène circulaire – un plateau de bois qui tourne. Sur cette étroite circonférence surgit une série de personnages qui se débattent avec le mythe d’Hamlet dans la précipitation d’une comédie débridée. Les variations sur la pièce la plus célèbre du monde sont multiples. Pour faire du nouveau, Charlotte Rondelez, avec To be Hamlet or not to be, n’a pas manqué de culot et l’on résumera difficilement sa contribution délirante à la saga des créations post-shakespeariennes. Voici le prince du Danemark qui n’est plus tout à fait un héros mais un craintif qui n’en peut plus d’être poursuivi par Polonius. C’est un jeune homme d’aujourd’hui qui n’a pas envie d’aller au travail. Mais cet Hamlet, est-ce bien lui ou un comédien qui joue son rôle ? Et où est passé Shakespeare qu’on appelle en vain ? Notre homme part à la recherche de ses origines, déjà fatigué par l’ampleur de sa quête. Des créatures surgissent, étranges, qui embrouillent sa pensée au lieu de l’éclairer : des hommes inquiétants et des femmes magnifiques. L’Histoire et les cinq continents lui tombent sur les épaules. Et le théâtre ! Et la littérature ! D’autres œuvres, comme Moby Dick, se mêlent au conte élisabéthain. De quoi perdre plus encore ses repères. Et quelle idole à présent pourrait être le Hamlet moderne ? On ira voir du show et plus du côté du théâtre !

L’écheveau échevelé de Charlotte Rondelez est tout à fait brillant. C’est quelque chose comme des Monty Python à la française : burlesque, mais très savant dans son jeu sur les références. Ceux qui connaissent Hamlet et ceux qui ne le connaissent pas y prendront un plaisir différent, le dynamisme emportant chaque spectateur dans un mouvement de métamorphose incessant. Les six acteurs, Paul Canel, Pauline Devinat, Céline Espérin, Julien Le Provost, Lydie Höderling et Aymeric Lecerf, excellent dans la parodie de la tragédie et la transformation à vue d’œil. La mise en scène de Charlotte Rondelez court dans les cahots d’un rodéo subtilement livresque et théâtral. Tant de malice s’appelle du talent.

To be Hamlet or not to be de Charlotte Rondelez, mise en scène de l’auteur, musiques et arrangements musicaux de Ben Brion, lumière d’Elsa Revol, avec Paul Canel, Pauline Devinat, Céline Espérin, Julien Le Provost, Lydie Höderling, Aymeric Lecerf. Poche-Montparnasse, 20 h, tél. : 01 45 44 50 21, jusqu’au 23 mars. (Durée : 1 h 20).

A propos de l'auteur
Gilles Costaz
Gilles Costaz

Journaliste et auteur de théâtre, longtemps président du Syndicat de la critique, il a collaboré à de nombreux journaux, des « Echos » à « Paris-Match ». Il participe à l’émission de Jérôme Garcin « Le Masque et la Plume » sur France-Inter...

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