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Thélonius et Lola de Serge Kribus

par Dominique Darzacq

Au poil !

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Il était une fois une petite fille, pas si petite que ça, mais impertinente et curieuse qui décida un beau jour de ne pas aller faire ses devoirs chez sa tante, comme elle l’avait dit à ses parents, mais d’aller flâner dans les rues, nez au vent, l’œil et l’oreille aux aguets. Et voilà que soudain elle entendit chanter, elle s’approcha, écouta subjuguée par le rythme et les rimes de la chanson. C’est ainsi que Lola, c’est son nom, rencontra Thélonius , un chien musicien chanteur. Entre eux, ce fut d’abord un peu difficile. Le chien, sur ses gardes et méfiant, commença par grogner et la petite fille le trouva mal léché. Mais lorsqu’ on est polyglotte capable de parler chien, chat, français, doublé d’un philosophe lecteur de Maurice Blanchot comme Thélonius et que, à l’instar de Lola, on est une petite fille de douze ans et demi obstinée et suffisamment curieuse des autres pour assimiler « la grammaire du poil », les choses s’arrangent assez vite et ils devinrent amis. Mais voilà qu’une loi imbécile décide que tous les chiens SDF et sans collier, ce qu’est notre chien slameur, doivent être expulsés. Et puisque dans les contes tout est possible, Lola décide d’accompagner Thélonius sur la route de l’exil. S’en suit un trépidant road-movie émaillé de sueurs froides et de fous rires, de fuite en camion et de réflexions philosophiques, « l’intelligence c’est se réveiller de bonne humeur » proclame le fuyard.


La plume simple mais toute de vivacité, Serge Kribus sème son texte de fusées d’imaginaire qui sont autant d’hameçons à réflexion autour de la différence, l’immigration, le racisme et la solidarité et l’on comprend que Zabou Breitman qui en fait un conte musical tout à la fois mélancolique et joyeux ait eu envie de s’en emparer. Ce qu’elle fait sans chercher à lui faire dire ce qu’il ne dit pas mais attentive à nous en rendre la diversité des tonalités et le chatoiement des couleurs.
Soutenue efficacement par la sobriété de l’espace scénique (Salma Bordès), de subtils jeux de lumière (Stéphanie Danièle), la musique aux accents venus de l’Est (Éric Slabiac), et pour ne pas borner l’imagination des spectateurs, Zabou Breitman fait de l’allusion le carburant d’une mise en scène occupée à laisser toute la place à la poésie du texte et au jeu des acteurs tous les deux épatants. S’emparant de leur personnage avec la véracité et la simplicité d’enfants jouant sous le préau de l’école, Sarah Brannens (Lola) et Charly Fournier (Thélonius) donnent tout son jus de gravité et d’humour à cette fable d’aujourd’hui destinée au jeune public mais à voir en famille tant il est vrai que Thélonius et Lola ont dans leur sac à dos tous les atouts pour séduire les grands comme les petits.
Le spectacle créé au mois d’octobre à la Maison de la Culture d’Amiens est actuellement à voir en tournée.

Thélonius et Lola de Serge Kribus, mise en scène Zabou Breitman, avec Sarah Brannens et Charly Fournier (durée 1h)

La pièce est publiée chez Actes Sud-Papiers col. Heyoka Jeunesse

Tournée :14 au 16 novembre Oullins (Théâtre de la Renaissance), 11-12 décembre Vélizy-Villacoublay (L’Onde), 9 au 11 janvier 2020 Marseille (La Criée), 16-17 Janvier Noyon (Théâtre du Chevalet) , 22 au 25 janvier Bobigny (MC93), 28 janvier au 1er février Théâtre d’Antibes, 6 février Saint Quentin (Théâtre Jean-Vilar) , 17 au 19 mars Comédie de Saint –Etienne, 29-30 mars Grand Quevilly (Théâtre Charles-Dullin), 2 au 9 avril Paris (Théâtre Paris-Villette)

Photos ©Christophe Raynaud De Lage

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