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Critiques / Danse

Rocío Molina à Chaillot

par Yves Bourgade

Danseuse flamenco et mère

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Rocío Molina, danseuse de flamenco, annoncée comme « l’enfant rebelle d’Andalousie » est cette saison à nouveau une des artistes associées du Théâtre national de la Danse à Paris.
Le résultat de cette collaboration qui a commencé en 2014, est la création par cette artiste de Grito pelao, dans la grande salle Jean Vilar du Théâtre de Chaillot jusqu’au 11 octobre, création qui s’accompagne de la sortie en salle du documentaire Impulso, consacré par Emilio Belmonte à Rocío Molina.
Il faut préciser que cette artiste, née à Málaga s’est forgée « un langage qui lui est propre à partir de la tradition réinventée d’un flamenco qui respecte ses origines, tout en embrassant les avant-gardes », explique un de ses exégètes.
Dans Grito pelao , ce que Rocío Molina veut exprimer d’abord, c’est son « désir passionnel d’être mère », dans un entrelacs de relations notamment avec la chanteuse et performeuse Sylvia Pérez Cruz et sa mère, la danseuse Lola Cruz, autant d’occasion, dit-elle, d’une « réflexion sur la maternité ».
Sur le plateau, quatre instrumentistes (guitare, violon, musique électronique , compa) apportent un soutien sonore à la danse.
La présence de la mère qui n’esquisse que quelques pas sur scène, veut signifier que la danseuse Rocío Molina s’inscrit dans une « chaîne de femmes » (filles et mères), celles du passé et du futur, une chaîne dont l’homme est absent (la femme que danse Rocío Molina veut se faire implanter son propre ovule inséminé in vitro), une « chaîne » façonnée par la féminité à l’état pur.
Grito pelao était annoncé d’une durée d’une heure trente. Le spectacle présenté dure finalement deux heures sans entracte. Rocío Molina est pratiquement constamment en scène et force certes l’admiration par son endurance (elle va jusqu’à mimer dans un bassin rempli d’eau la naissance de Vénus de Botticeili…), mais pendant la deuxième heure de la représentation s’installe l’idée surprenante la fonction de la femme est seulement la procréation, que la maternité est la seule raison d’être de la femme, telle une Amazone des temps modernes...

Salle Jean Vilar de Chaillot, jusqu’au 11 octobre 20h30, durée 2 heures, places à 41€.
Film « Impulso » au MK2 Odéon Saint Michel à Paris.

Photo © Pablo Guidali

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