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Puzzle mémoire de Jean-Pierre Thiercelin

par Jacky Viallon

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A l’occasion, disons plutôt, sous la stimulation d’une résidence d’auteur à La Seyne-sur-Mer et à l’invitation de la bibliothèque Armand Gatti, Jean-Pierre Thiercelin n’a pas perdu son temps ni son encre, (eau bénite de l’écrivain ) puisqu’il nous offre un très bel ouvrage de facture dramatique. Il y met en scène cinq petits récits animés et reliés entre eux par des personnages récurrents extraits du jeu de la vie pour être balancés sur un plateau scénique.

Le sous-titrage de l’ensemble pourrait s’intituler : « Il ne faut pas laisser la victoire aux bourreaux… » Telle est la définition du thème précisé par l’auteur et dans la préface signée par le critique Gilles Costaz, ce dernier fait dire à l’auteur : « faire du théâtre : c’est démasquer ».

On nous croque, ainsi, d’un trait la personnalité révoltée de J. P. Thiercelin. Effectivement, ce dernier nous parle du réel, mais du « vrai réel », celui que l’on fait semblant d’ignorer pour échapper à la culpabilité, à la peur du retour des « immondes » ou tout simplement pour ne pas tirer son petit rideau de cotonnade, brodé d’indifférence, en murmurant lâchement à voix basse la fameuse exclamative : « Moi ! J’veux pas voir ça ! ». Alors justement Maître Thiercelin nous donne à voir « Ca ».

Il nous le livre sans effet de manches, d’un réquisitoire brillant, alerte et non dissimulé qui utilise le bon mot pour entraîner une image inconsciente.
Aussi, Maître Thiercelin nous incite à courir après cette suite. Il active alors l’embrayeur qui enclenche la mécanique pour solliciter votre imaginaire qui va suppléer au vide (L’ignorance de fait) et peut-être vous rapprocher d’une certaine mémoire ancestrale. Vous arriverez donc dans le fameux « Ça » freudien qui, lui, retient tout votre réel et transpose la pure anecdote en chronique.

Question forme : un style très littéraire qui vaut largement certaines acrobaties suspendues au langage vulgaire des écorchés volontaires. Saluons au passage la pirouette pirandellienne sur le dernier texte où l’auteur se met lui-même en scène pour répondre à ses personnages qui viennent prendre subitement la parole en occupant le plateau au-delà de la dramaturgie établie.

Ce clin d’œil est plein d’espoir , pour l’écriture, le théâtre et peut-être pour « le salut public ». Merci Jean-Pierre Thiercelin .

A signaler que cet ouvrage présente l’énorme qualité de proposer des textes à distribution souple allant de 2 à 10 personnages avec une répartition très équilibrée entre les rôles féminins ou masculins.

« Puzzle Mémoire  » de Jean-Pierre Thiercelin, préface de Gilles Costaz, Edit. de l’Amandier , coll.Théâtre, 2012.

http://www.editionsamandier.fr/f/index.php?sp=liv&livre_id=326

http://www.jean-pierre-thiercelin.com/

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