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Maurice Benichou, l’acteur absolu

par Gilles Costaz

La mort du grand interprète brookien

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On ne voyait plus Maurice Benichou depuis quelques années, sinon dans quelques films. On le savait frappé d’un mal incurable. Il vient de s’éteindre, le 15 juin, âgé de 76 ans. La perte est immense pour ses proches (on pense à sa femme, Geneviève Mnich), le théâtre et l’enseignement dramatique. On ne se souvient pas d’un spectacle avec lui où il n’aurait pas été magnifique et étonnant. Sa collaboration avec Peter Brook restera dans l’histoire du théâtre, mais sa carrière va au-delà, comme metteur en scène (on rappellera sa mise en scène des Trois Sœurs de Tchekhov dans la version française de Jean-Claude Grumberg, sa co-mise ne scène avec Peter Book de Tchin Tchin de Billetdoux joué par Marcello Mastroianni, ses mises en scène de L’Atelier et de Zone libre de Grumberg, d’Oleanna de Mamet avec Charlotte Gainsbourg…) et surtout comme interprète.
Né en 1943 à Tlemcen, en Algérie, d’abord chanteur, il a été très vite employé par Marcel Maréchal, Patrice Chéreau et Jean-Pierre Vincent. Sa rencontre avec Peter Brook dans les années 70 est décisive. Non seulement, un acteur trouve son metteur en scène idéal mais deux artistes se rejoignent dans une perception du théâtre nouvelle, faite de pureté de style (l’espace vide, défini par Brook) et de dépassement des frontières culturelles. Quand Benichou dirige des stages aux Bouffes du nord, il est l’égal du maître, tant il est dans cette intelligence des questionnements simples et profonds. Il est l’un des grands acteurs du fameux Mahabharata en 1985 : il y joue deux rôles, et l’aventure durera plusieurs années, avec ses reprises et sa transposition filmique par Brook lui-même. Comme on ne peut tout citer, on s’attardera sur L’Homme qui où Benichou joue un malade atteint de déréalité : dans cette adaptation du livre clinique d’Oliver Sacks, acteur absolu, il est aux frontières du risible et du bouleversant, tout à fait prodigieux.
Quelques films, en plus du Mahabharata, gardent l’image de Maurice Benichou : Tout le monde n’a pas la chance d’avoir des parents communistes, Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain, Au cas où je n’aurais pas la palme d’or…).
C’était un tendre géant du spectacle.

Photo Unifrance.org

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