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Critiques / Comédie & Humour

Ma femme s’appelle Maurice

par Karim Haouadeg

Le mari, la femme, la maîtresse et... l’autre

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Le boulevard est un genre qui joue en permanence avec ses propres codes. Un genre qu’on ne saurait parodier, car il est, en son principe même, parodique. Il est la parodie du vaudeville, dont il reprend les situations et les mécanismes qu’il répète jusqu’au vertige, jusqu’à une ivresse qui est de l’essence même du théâtre. Un nouvel exemple avec la pièce de Raffy Shart, que l’auteur avait lui-même mise en scène avec Philippe Chevallier et Régis Laspalès en 1997, mais qui prend une autre saveur grâce aux excellents comédiens que sont Georges Beller et Maurice Risch.

On retrouve le trio habituel : le mari (Georges Beller), l’épouse (Julie Deyre) et la maîtresse (Michèle Kern). Triangle instable dès le début de la pièce : l’époux volage est tiraillé entre une femme qui en a assez des frasques d’un mari qui, en plus, vit à ses crochets et une maîtresse délaissée qui le menace de tout révéler à sa femme. C’est dans ce champ de mine que débarque Maurice (Maurice Risch), bénévole du Secours Fraternel, œuvre charitable dont la devise est : "Vos problèmes, ce sont nos problèmes." Il se trouve embarqué dans une série de péripéties plus ou moins périlleuses, plus ou moins loufoques. La visite d’un couple (Jean Lenoir et Josette Stein) venu d’Orléans pour visiter l’appartement de Georges et du mari de sa maîtresse (Stéphane Russel) permet d’enchaîner les quiproquos, malentendus, extravagances, à une allure folle.

Pour fonctionner parfaitement, ce genre de pièce a besoin d’un metteur en scène et de comédiens aguerris au jeu particulier du boulevard. Pour la mise en scène, faire appel à Jean-Luc Moreau, c’est être sûr d’exploiter toutes les ressources scéniques de la pièce. Il se montre, comme toujours, parfait dans cet exercice. Pas d’erreur non plus dans une distribution solide, dominée par l’extraordinaire tandem constitué par Georges Beller et Maurice Risch. Georges Beller est superbe dans ce personnage d’enfant gâté par les femmes, en même temps victime et manipulateur, à la fois veule et magnifique. Quant à Maurice Risch, il est absolument unique. Subissant toutes les situations et s’y adaptant comme par magie, portant toute la misère du monde et déclenchant inévitablement le rire, son jeu physique, fait de mimiques, grimaces, pirouettes et volte-face n’est pas sans évoquer l’Arlequin de la Commedia italienne. Une heure vingt de rire franc et sans prétention, dans un spectacle de pur divertissement.

Ma femme s’appelle Maurice de Raffy Shart. Mise en scène de Jean-Luc Moreau. Avec Georges Beller, Maurice Risch, Julie Deyre, Michèle Kern, Josette Stein, Jean Lenoir et Stéphane Russel. Au Théâtre des Nouveautés, du mardi au vendredi à 20h30, le samedi à 18h et 21h et le dimanche à 15h30. Jusqu’au 21 septembre 2008. Durée : 1h20.

Photo : Céline Nieszawer.

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