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MY FAIR LADY de Frederick Loewe et Alain Jay Lerner

par Caroline Alexander

Un délice à voir, à revoir, à ne pas manquer !

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Le « total bonheur » des fêtes de fin d’année 2010 (voir WT 2598 du 16 décembre 2010) sera de retour sur les planches du Châtelet à partir du 5 décembre. D’avance on en a l’eau à la bouche et les oreilles pleines des mélodies qui font valser les cœurs : « I could have danced all night », « The rain in Spain », « With a little bit of luck »… complaintes et romances auxquelles le film de George Cukor - avec l’irrésistible Audrey Hepburn - donna une dimension planétaire en 1964, huit ans après sa création scénique et son triomphe à Broadway,

La production du Châtelet est une création à part en entière. Elle est signée Robert Carsen, le metteur en scène canadien, as de l’élégance et de la subtilité, qui atteint ici un sommet de grâce et d’efficacité. L’homme de théâtre et de musique a trouvé dans My Fair Lady le pont idéal reliant les deux arts qu’il pratique. Car cette comédie musicale est avant tout du très grand théâtre, tirée de Pygmalion, une pièce de Georges Bernard Shaw, une leçon de vie grinçante et drôlissime sur les rapports homme/femme dans la société victorienne.

Pygmalion le sculpteur qui transforme une statue en la femme de son désir, devient un prof de phonétique qui fait le pari de transformer une petite marchande de fleurs à l’accent cockney plébéien en dame de la haute simplement en lui apprenant à s’exprimer comme on parle dans les sphères des aristos et de la grande bourgeoisie. Eliza, son cobaye ramassé sur les trottoirs de Covent Garden, y parviendra au-delà de ses espérances. La métamorphose est radicale : la gamine des rues devient une femme de caractère à l’intelligence lumineuse qui refusera « in fine » son statut d’objet expérimental pour savants ,et vivre sa vie. La misogynie est mise à nu et piétinée par le rire.

L’écriture de Shaw est pétrie d’humour so british - forcément -, ses répliques fusent comme des éclairs. Alan Jay Lerner, le librettiste de My Fair Lady a très soigneusement conservé les dialogues originaux et en a tiré ses savoureux « lyrics », Frederick Loewe les a mis en musiques légères, délicieusement obsédantes.

Le savoir-faire de Carsen, épaulé par Tim Hatley pour les décors, Anthony Powell pour les costumes, Lynne Page pour la chorégraphie, fait se dérouler les lieux de toutes les péripéties dans un glissement perpétuel où tout s’enchaîne sans le moindre accroc ou temps mort.

Les interprètes sont avant tout acteurs issus de ces écoles anglaises où le chant est enseigné au même titre que le jeu parlé. On retrouvera avec bonheur le shakespearien Alex Jennings en professeur Higgins survolté. Nicholas Le Prévost, Donald Maxwell, Ed Lyon reprennent leurs rôles, quelques nouveaux venus se sont greffés sur la distribution comme Phillip Joll, Caroline Blakiston et surtout pour le rôle-titre Katherine Manley, soprano anglaise rompue aux musiques anciennes comme aux musicals. Christine Arand, déjà sur scène en 2010, chantera le même personnage en alternance pour 5 représentations.

L’Orchestre Pasdeloup retrouvera la fosse du Châtelet sous la direction du chef américain Jayce Ogren qui succède à Kevin Farrel.

Il est prudent – sinon urgent – de réserver !


My Fair Lady de Frederick Loewe et Alan Jay Lerner d’après Georges Bernard Shaw. Orchestre Pasdeloup, direction Jayce Ogren, chœur du Châtelet. Mise en scène Robert Carsen, dramaturgie Ian Burton, décors Tim Hatley, costumes Anthony Powell, chorégraphie Lynne Page, lumières Adam Silverman. Avec Katherine Manley (et Christine Arand), Alex Jennings, Nicolas Le Prévost, Donald Maxwell, Phillip Joll, Caroline Blakistone, Ed Lyon, Lee Delong
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Théâtre du Châtelet : 23 représentations du 5 décembre 2013 au 1er janvier 2014.

01 40 28 28 40 – www.chatelet-theatre.com

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