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Critiques / Danse

Ligne de Crête de Maguy Marin

par Yves Bourgade

Une chorégraphe qui ne s’endort pas sur ses lauriers

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Maguy Marin, 40 ans après avoir remporté le premier prix au Concours de Bagnolet « Le Ballet pour Demain », avec Nieblas de nino sur des musiques populaires espagnoles, reste à 67 ans une chorégraphe qui ne s’endort pas sur ses lauriers. En témoigne sa dernière création présentée à la Biennale de la danse de Lyon 2018, puis à Paris et en tournée, Ligne de crête.
Cette personnalité que l’on classe dans ce courant baptisé « jeune danse française » qui émergea dans les années 70, une fois de plus y fait montre d’un sens aigu de la satire et de son engagement dans la société. L’unanimité ne s’est pas faite dans la critique face à cette nouvelle pièce, radicale certes, mais qui n’exprime pas toujours en majorité par la danse son intention de dénoncer la société de consommation et la souffrance au travail.
Maguy Marin est fidèle cependant à elle-même avec Ligne de crête qui comporte sans doute une part de provocation et qui surtout « porte la marque d’une volonté politique de dénoncer les excès, les faiblesses et les agressions de la civilisation de plus en plus matérialiste et inégalitaire dans laquelle nous nous enfonçons ». Une constante chez cette chorégraphe d’origine espagnole, née à Toulouse où sa famille s’est fixée après la Guerre civile.
Sur le plateau encombré d’objets de la vie quotidienne (packs de boissons diverses, rouleaux de papier hygiénique, produits d’entretien etc.), six protagonistes enfermés dans des compartiments, évoluent sur fond d’une musique électroacoustique signée Charlie Aubry imitant les bruits de machine de plus en plus assourdissants. Les corps sont parfois figés et d’autres fois contraints à suivre ces rythmes sonores insistants. Des posters de Marx, de Freud, des athlètes américains poings levés aux Jeux de Mexico etc., témoignent seuls de possibles résistances.
Cette Ligne de Crête ne devrait pas laisser indifférent le large public fidèle à la théâtralité de Maguy Marin, capable de donner un éclairage nouveau au ballet Cendrillon de Prokofiev, pièce fétiche du Ballet de l’Opéra de Lyon qui la présentait à Paris au Théâtre des Champs Elysées, cette fin septembre 2018. Cette chorégraphie qui transpose l’action de Cendrillon dans un univers de poupées obèses et maladroites et de jouets d’enfants, transforme l’héroïne en personnage fort qui peut assumer sa liberté de choix. Créée en 1985 sa Cendrillon a fait le tour du monde, comme d’autres ballets de Maguy Marin, ainsi May B. inspiré par Samuel Beckett , Babel Babel , le duo Eden , évocation du Paradis perdu ou Umwelt (Environnement), autant d’étapes dans la quête humaniste de cette chorégraphe réfléchie et d’une grande cohérence.

Ligne de Crête Chorégraphie Maguy Marin
Théâtre des Abbesses, du 28 et 29 septembre 2018, du 1er au 6 octobre 2018 à 20h, places de 10 à 30 euros.

TGP-Saint-Denis du 11 au 13 octobre 2018.

Tournée en 2019, Montpellier du 6 au 7 février, Fontenay en Scènes le 30 mars, en avril Vesoul le 4, Auch le 9, Tarbes le 11 et Toulouse du 21 au 23 mai.

Cendrillon :-Paris, Théâtre des Champs-Elysées, le 29 septembre 2018 à 20h, places de 15 à 89€.
« Cendrillon » en DVD Opéra national de Lyon, Arthaus Musik.

photo « Ligne de Crête » :©Maguy Marin-Compagnie Maguy Marin.

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