Les papes et leur palais, héros de la cour

Les papes et leur palais, héros de la cour

La 64è édition qui se tiendra du 7 au 27 juillet fait la part belle aux spectacles métissés, où la langue du théâtre se frotte à celle de la vidéo et de la performance et ouvre largement ses lieux à la danse qui se partage entre artistes à découvrir et ceux dont la réputation n’est plus à faire tels Joseph Nadj, Anne Teresa de Keersmaeker, Alain Platel ou encore Boris Charmatz qui sera l’artiste associé du festival 2011.

Pour la présente édition, c’est avec Paperlapapp de Christoph Marthaler, artiste associé, que tout commence.Paperlapapp, qui pourrait se traduire par blablabla, tout un programme !, sera un spectacle choral spécialement et uniquement conçu pour la Cour d’Honneur. Le point de départ et le personnage principal sera, justement, ce Palais des Papes, construit au XIVe siècle comme symbole de la puissance politique religieuse de l’époque et tout bruissant des querelles qui agitèrent ses divers résidents. On peut faire confiance au lucide et malicieux Marthaler, qui a enrôlé la comédienne Eveline Didi dans sa troupe de comédiens chanteurs, pour tirer les fils du présent à travers les traces du passé.(7 au 17)
Un peu plus tard, un peu plus loin, au Collège Champfleury, Christoph Marthaler proposera en allemand surtitré Schutz von der Zukunft ( Se protéger de l’avenir) qui traite des recherches des docteurs nazis effectuées sur des enfants.

Pour sa part, Olivier Cadiot, auteur et co-artiste associé, présente deux spectacles Un Nid pour quoi faire (8-18 Gymnase Gérard Philipe),Un Mage pour l’été (21-27 Opéra Théâtre) avec l’équipe avec laquelle il travaille depuis toujours, le metteur en scène Ludovic Lagarde et le comédien Laurent Poitreneaux. Il sera également dans la Cour d’Honneur avec la lecture de son roman L’Affaire Robinson (10).
A côté des créateurs qui écrivent directement pour la scène et pour aujourd’hui qui attisent notre curiosité ( Jean Lambert-Wild, Christophe Huysman, Angelica Liddell, Faustin Linyekula….) certaines propositions s’avèrent particulièrement alléchantes, parmi celles-ci : le spectacle de Guy Cassiers, L’Homme sans qualité d’après Robert Musil, en flamand surtitré et en français, Le Procès de Kafka réalisé par Andréas Kriegenburg, en allemand surtitré, Baal de Bertolt Brecht par François Orsoni, Délire à deux de Ionesco par Christophe Feutrier dans lequel nous retrouverons Valérie Dréville.

Au chapitre de la musique, à signaler la présence de Pascal Dusapin (19 et 23) et de Rodolphe Burger, celui-ci, outre ses manifestations musicales, animera un grand bal sur les bords du Rhône le 14 juillet.
En 1947, Jean Vilar inaugurait le Festival d’Avignon avec Richard II de Shakespeare dans la Cour d’Honneur. Soixante quatre éditions plus tard, nous retrouvons ce roi que le pouvoir angoisse, dans une mise en scène de Jean-Baptiste Sastre, avec Denis Podalydès dans le rôle titre (20-27 juillet) ; une belle occasion de vérifier si, comme l’affirmait Jean Vilar, « Shakespeare va bien à la cour d’Honneur ».
A côté du festival In, de son programme résolument contemporain où s’explorent les arts de la scène, le off propose, du 8 au 31, le tohu-bohu de ses turbulences.

A propos de l'auteur
Dominique Darzacq
Dominique Darzacq

Journaliste, critique a collaboré notamment à France Inter, Connaissance des Arts, Le Monde, Révolution, TFI. En free lance a collaboré et collabore à divers revues et publications : notamment, Le Journal du Théâtre, Itinéraire, Théâtre Aujourd’hui....

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