Du19 février au 20 avril, du jeudi au samedi 21h, dimanche 14h30, au Studio Hébertot 17è.

Les P’tites Cases, de Joël Chalude, mise en scène Jean-Claude Cotillard.

Une belle leçon de ténacité pour les malentendants et d’écoute pour les autres.

Les P'tites Cases, de Joël Chalude, mise en scène Jean-Claude Cotillard.

Joël Chalude se produit dans une pièce drôle et grinçante qu’il a écrite, mise en scène par Jean-Claude Cotillard. Il est malentendant depuis sa naissance et, devenu comédien, clown, réalisateur, auteur depuis sa formation initiale de mime. Il a été le conseil en langue des signes des comédiens du Français pour une reprise des Enfants du Silence de Mark Medoff, en 2015, après avoir été le partenaire d’Emmanuelle Laborit dans la même pièce quelques années plus tôt.
Il utilise comme Charlot une arme de poids pour plaider la cause du handicap auditif, loin de tout apitoiement : le rire.

Joël Chalude, de son vrai nom Szaludowski, comme dans la pièce, incarne un ouvrier métallo qui vient demander une attestation de reconnaissance de travailleur handicapé auprès de l’administration concernée. Il est confronté d’abord à un assistant (Benoit Cassard) dont le seul objectif est de respecter le protocole et le remplissage d’un formulaire d’évaluation. L’employé est plus sourd que le vrai sourd et ne cherche pas à comprendre ce qu’exprime parfaitement bien son interlocuteur. Il s’agit à proprement parler d’un dialogue de sourds. Faux et vrai dialogue, fait de mots que les deux interlocuteurs déforment et se renvoient sans cesse comme des balles de jonglage.

Puis vient le psychiatre (Elliot Jenicot), et le jeu entre les trois acolytes tournent alors à la douce folie, les quiproquos et les malentendus, les mal-compris, s’accumulent sans trêve. La pause-café annoncée par un gimmick répétitif et une porte réticente dont la poignée reste dans la main de celui qui l’ouvre sont prétexte à des allées et venues à donner le tournis.

La porte est tout un symbole autant pour l’ouvrier métallo qui doit la forcer pour obtenir son droit que pour ses deux comparses pour fuir constamment la confrontation avec ce client obstiné et leurs propres doutes. Autant l’assistant s’accroche à son formulaire comme à une bouée, autant le psychiatre, pédant et condescendant, part en vrille.

Après un exercice raté d’autorité, il fait sa propre analyse et implore l’amitié de l’ouvrier qui garde son bon sens contre vents et marées et finit par obtenir son précieux sésame. Après sa fuite heureuse, la pièce bascule dans autre chose avec une autrice dont la voix sort des limbes indiquant clairement aux deux acteurs restés sur scène qu’ils étaient des cobayes d’une expérience. Le théâtre et la réalité se confondent

Une belle leçon de ténacité pour les malentendants et d’écoute pour les autres mais administrée avec une fantaisie joyeuse. Un paradoxe autant qu’un défi, car les jeux de mots et de vilains auxquels se livrent les trois espiègles caractérisent la surdité comme une mauvaise écoute, son contraire donc :un trop plein de bavardages et de formalités.

C’est bien le regard social perçant de Charlot qui est à l’œuvre, servi par trois comédiens alertes et moqueurs.

Louis Juzot

Les P’tites Cases, de Joël Chalude, mise en scène Jean-Claude Cotillard, son et lumières Guillaume Ledun, décor Olivier Penot, avec Elliot Jenicot, Joël Chalude, Benoît Cassard et la voix de Christine Murillo. Du19 février au 20 avril, du jeudi au samedi 21h, dimanche 14h30, au Studio Hébertot, 78 boulevard des Batignolles, 75017, Paris Tél : 01 42 93 13 04, www.studiohebertot.com
Crédit photo : Sophie Recompsat-Monnier.

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