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Les Molières à la conquète du public

par Gilles Dumont

Geneviève Dichamp, déléguée générale de l’APAT

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Geneviève Dichamp vous êtes déléguée générale de l‘APAT, association qui organise Les Molières. Après plusieurs années de « turbulences », quelle est aujourd’hui la situation ?

En 2004 il n’y a pas eu de cérémonie des Molières. La profession, à travers le conseil d’administration de l’APAT (Association Professionnelle et Artistique du Théâtre) a souhaité réorganiser les Molières de façon à être en mesure de répondre à différents problèmes. Par exemple, comment associer, dans une même compétition, un spectacle créé en région et joué 20 fois avec un spectacle qui est joué 80 ou 120 fois à Paris. Pour rendre compte de la production régionale dans sa globalité, nous avons donc décidé de porter à 12 le nombre de nominations pour le théâtre en région, alors que le chiffre est de 5 pour tous les autres.

Autre question, le nombre de votants a varié mais la participation est restée médiocre notamment au 1° tour, comment y remédier ?

Nous avons élaboré en 2006 l’Académie des Molières composée de
1 500 personnes réparties de la manière suivante : les Moliérisés depuis la création de la cérémonie, 50% de comédiens, des auteurs, metteurs en scène, adaptateurs, créateurs lumières, décors et costumes, journalistes, agents, représentants des sociétés civiles et de l’Etat et trois collèges pour les producteurs privés (135), les producteurs publics (135) et les diffuseurs publics et privés (100).
En 2006 la participation s’est élevée à plus de 72% au 1° tour et plus de 80% au 2° tour ce qui tout à fait satisfaisant. Je précise que le Conseil d’Administration procède régulièrement à l’examen de demandes de réintégrations sur des critères d’activité professionnelle

Aujourd’hui le conseil d’administration de l’APAT est constitué d’un collège de représentants du théâtre public, d’un collège de représentants du théâtre privé et enfin d’un collège de personnalités qualifiées. Ces 18 membres ont une voix délibérative. À ces personnes se joignent des membres à voix consultative : l’Etat, le Syndéac, le SDTP, les sociétés civiles.

Les représentants du privé et les représentants du public se retrouvent autour de la table et le dialogue se déroule avec beaucoup de liberté. Il est nécessaire d’encourager ces échanges ainsi que la création de « passerelles ». Cette nouvelle organisation du conseil d’administration permet une représentation plus équilibrée des 2 secteurs. Notre désir est de clarifier les procédures, d’être plus lisible, et de mieux communiquer.


Que représente la cérémonie des Molières pour le monde théâtral ?

La cérémonie des Molières est la seule émission en prime-time consacrée au théâtre sur la télévision publique. Même si le concept est contesté par certains et jugé comme n’étant pas la bonne forme par d’autres, la cérémonie des Molières reste l’événement phare de la saison théâtrale à la télévision.

Dans ce type de manifestation, la difficulté est de combiner l’aspect télévisuel pour le téléspectateur à celui plus professionnel qu’est la remise de récompenses en elle-même. Cette année la cérémonie est de nouveau confiée à R&G productions et réalisée par Jérôme Revon. Nous travaillons avec eux dans un excellent climat. Nous maintenons le principe des extraits avec une place pour le spectacle vivant en direct et la mise à l’honneur des lauréats. Je vous donnerai très vite les noms du Président de la Cérémonie et du présentateur.

Comment Les Molières peuvent-ils rapprocher le théâtre de son public ?

Nous sommes actuellement en train de mettre en ligne un site. Il permettra d’entretenir un lien permanent avec le public.

De plus nous travaillons avec France Télévision à la création d’une fenêtre quotidienne sur le théâtre du type « un jour, une œuvre ». Elle donnerait ainsi la possibilité aux spectateurs d’avoir une vision d’ensemble tout au long de l’année de la production théâtrale. Ce serait pour l’APAT et toute la profession théâtrale une réelle reconnaissance et un outil promotionnel remarquable !

Enfin nous envisageons aussi de décentraliser la cérémonie des Molières. Cette piste, qui reste encore à explorer, permettrait d’aller à la rencontre du public en région, mais aussi de faire découvrir le patrimoine architectural des théâtres de notre territoire.

Après deux ans à la tête de l’APAT, quelles sont les questions qui vous préoccupent ?

Je souhaite que l’APAT contribue à apporter des réponses à plusieurs questions. Comment peut-on faire se rencontrer plus étroitement l’offre de spectacles et le public ? Comment donner aux spectacles le temps nécessaire pour leur permettre de faire leurs « preuves » ? Comment reprendre des spectacles qui fonctionnent, qui rencontrent un public, mais qui sont arrêtés parce que la programmation des mois suivants est déjà arrêtée ? Comment favoriser la diffusion des œuvres dans la durée ?

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