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Critiques / Théâtre

Le Barbier de Séville

par Marie-Laure Atinault

Soleil, jalousie et mantille

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Ce coquin de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais, créateur de la Société des Auteurs, a bien étudié L’Ecole des femmes de Molière. La trame de l’intrigue est la même : un vieux barbon tient cloîtrée la jeune Rosine. Bartholo s’imagine qu’en la tenant loin des tentations du monde, Rosine sera façonnée selon ses désirs et pourra ainsi devenir une épouse parfaite. Le pauvre homme ! Le docteur Bartholo ne sait rien des jeunes filles et des barbiers. Ah ce Figaro, ce fieffé de barbier, tel le cheval de Troie va faire entrer l’ennemi absolu : l’Amour personnifié par le sémillant Almaviva. Dès le début du spectacle, Figaro vient nous prévenir en nous expliquant les indications de l’auteur. Beaumarchais a décrit les costumes et les décors. Mais à l’enseigne de la Maison Figaro, on ne trompe pas le client. Monsieur de Beaumarchais a basé son intrigue dans une Espagne exotique : soleil, jalousie et mantille, olé ! Eh bien Figaro nous explique tout ce que nous ne verrons pas, ni costume andalou, ni résille et même pas la pauvre duègne reléguée dans son lit en coulisse. Voilà nous sommes prévenus. La pièce réglée comme une machine infernale du rire peut commencer.

Une œuvre virevoltante

Ladislas Chollat est un jeune metteur en scène dont nous avons aimé On ne badine pas avec l’Amour. Il respecte les classiques en les bousculant, une petite chiquenaude pour ôter la poussière.
Le Barbier de Séville est une œuvre virevoltante. Pour que le rythme échevelé donne tout son jus, Ladislas Chollat et son décorateur Jean-François Servigne ont imaginé une estrade à tiroirs qui selon l’ouverture de trappe, de tirette et tiroir donneront corps aux différents lieux de l’intrigue. Tout est réglé pour que le ressort de cette horloge du rire se déclenche à la seconde près. Figaro chantonne sur les notes de Rossini et là, Frédéric Morel a composé une musique originale et drôle qui donne une couleur nouvelle à nos Sévillans de pacotille. Toute la distribution est pimpante, de Daniel San Pedro, Figaro virevoltant inventif, à Benjamin Boyer alias Almaviva rêve de jeune fille, en passant par Guy Perrot, un Bartholo bien campé. Rosine-Céline Melloul est charmante, Grégory Vouland a beau chanter l’air de la calomnie, nous ne dirons pas de mal de lui, il nous a fait trop rire ! Toute l’équipe offre un Barbier de Séville plein d’allant et d’allégresse

Le Barbier de Séville, opéra-comique de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais, mise en scène de Ladislas Chollat, avec les comédiens Guy Perrot, Benjamin Boyer, Céline Melloul, Frédéric Norel, Daniel San Pedro, Grégory Vouland, Vingtième Théâtre à Paris 20e, jusqu’au 25 juin, Tél : 01 43 66 01 13.

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