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Critiques / Théâtre

La Vie trépidante de Laura Wilson de Jean-Marie Piemme

par Gilles Costaz

Chute et résurrection d’une chômeuse

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Trépidante la vie de Laura Wilson ? Il fait dans le second degré, Jean-Marie Piemme ! Désespérante, oui. La jeune femme vient d’apprendre qu’elle perd son boulot. Son mari se sépare d’elle et lui laisse leur enfant tel un souvenir encombrant. Elle frappe à diverses portes, et toutes se ferment. Elle a une curieuse idée : elle va dans un musée regarder une toile de Brueghel et, surprise, elle y trouve du réconfort, du punch pour affronter cette vie hostile. Les gens qu’elle rencontre ne sont pas davantage aimables lorsqu’elle repart à l’assaut, mais elle est plus forte qu’auparavant. Avec une âme réparée et un chant dans la gorge elle ressuscite et pourrait inverser la tendance et imposer sa place dans notre monde de machos.
Piemme, grand écrivain belge, a tout écrit en courtes scènes, en respectant partiellement l’ordre chronologique. On fait parfois des sauts dans le futur ou dans le passé. Jean Boillot développe cette esthétique du fragment en multipliant les langages. Laura Wilson est la figure centrale du spectacle, mais celui-ci se concentre dans un bureau moderne, une sorte de salle de conférence qui agit comme un tremplin : on y discute, mais on y joue aussi l’histoire sur divers tons, on y change de rôle en allant parfois parler devant des micros ou en s’adaptant à la musique rock d’Hervé Rigaud. De mini- caméras permettent l’intervention d’images filmées en direct : ce que ces gens voient ou seulement des traces, des perceptions partielles passant à la vitesse d’étoiles filantes. Philippe Lardaud et Régis Laroche jouent habilement la partie masculine. Hervé Rigaud compose et recompose, jusqu’à nous faire entendre les paroles du Chant des partisans sur un air totalement différent de la partition originale. Isabelle Ronayette, dans le rôle de Laura, va également d’image en image, différente d’un moment à l’autre, mais en restant une flamme dont on suit avec émotion les vibrations toujours diverses. Elle porte tout le poids humain de ce spectacle très technique. Parfait assemblage du jeu classique et de la manipulation d’objets modifiant l’ouïe et la vision.

La Vie trépidante de Laura Wilson de Jean-Marie Piemme
, mise en scène Jean Boillot

Compositeur interprète Hervé Rigaud
Scénographie et costumes Laurence Villerot
Collaboration vidéo Vesna Bukovcak
Créateur lumière
avec Philippe Lardaud Régis Laroche Hervé Rigaud Isabelle Ronayette

La Commune, CDN d’Aubervilliers, tél. : 01 48 33 16 16,
jusqu’au 18 janvier. Tournée : 22 janvier - Le Préau, CDN de Vire - Normandie
 26 janvier - Espace Culturel André Malraux, Kremlin-Bicêtre
 29 janvier - Transversales, Verdun
1 et 2 février - Equilibre / Nuithonie, Fribourg (Suisse )
6, 7 et 8 février - Comédie de l’Est, CDN de Colmar-Alsace
13 au16 février - Théâtre National de Liège (Belgique) 
28 février et 1er mars - Opéra Théâtre de Metz 
7, 8, 9 mars - Théâtre National de Nice - CDN de Nice
 14 mars - Théâtre de la Madeleine, Troyes
 16 mars - Bords II Scènes, Vitry-le-François
 28 mars - ATP Vosges, Epinal 
4 avril - Le Nouveau Relax, Scène conventionnée de Chaumont 9 avril - Théâtre d’Aurillac
24 avril - Le Manège, Scène nationale de Maubeuge .

Photo Arthur Pequin.

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