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Critiques / Jeune Public

L’hypothèse Mozart

par Caroline Alexander

Polar musical en six mouvements

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A partir de 8 ans, dit le programme, en ayant soin d’ajouter « pour tout public ». Tous ceux et celles qui ont eu le bonheur d’assister à ce petit bijou d’initiation mozartienne pourraient parodier Tintin en élargissant l’invitation à la tranche de « 7 à 77 ans ». Car c’est une bien drôle d’histoire, doublée d’une histoire drôle, à laquelle Bernard Bloch convie les yeux, les oreilles et le flair des ses petits et grands spectateurs. Pour tout dire, c’est une histoire de fous dont le divin Mozart devient sans le savoir le thérapeute.
Imaginez trois musiciennes à cordes, violoniste, altiste et violoncelliste, tentant de répéter sereinement le fameux Divertimento K.563 que Mozart avait dédié à son bienfaiteur, ami et frère en franc-maçonnerie Michaël Puchberg. Elles voudraient travailler en paix mais un étrange zigoto porteur d’un étrange objet recouvert d’une étrange écharpe rouge, les interrompt à chaque mouvement et se met à discourir sur les secrets et les labyrinthes de la partition. En vers de douze pieds, s’il vous plait, alexandrins de mirliton-tontaine, égrenés avec un petit accent de là-bas, Salzbourg ou Vienne, terres du compositeur.

Paillettes, émotion, humour

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Crédit photo : François Duconseille

Qui est ce fou, que cache-t-il sous le bout de tissus écarlate, où veut-il en venir ?… Comment les trois solistes vont-elles lui tenir tête pour passer de l’allegro du début à l’allegro de la fin, en jetant des paillettes sur les menuettos et en donnant force émotion à l’adagio et à l’andante ?
On ne le dira pas… Tout l’enjeu de ce polar musical d’un type inédit tient dans son énigme première et dans les réactions qu’elle fait exploser comme des bulles irisées.
Ariane Granjon au violon, patiente et raisonneuse, Isabelle Lequien, l’altiste énervée et Anne-Claude Moquet, la violoncellsite fleur bleue du trio à cordes « Art d’Echo » alternent virtuosité d’instrumentistes et à propos charmeur de comédiennes. En fou planant, Hubertus Biermann, ce musicien-comédien aux allures de Pierrot lunaire, qui manie la contrebasse et le verbe avec la même distance d’humour et d’ironie, s’est approprié le texte rigolard et savant de Frédéric Sounac à la manière d’un pilote en quête d’avion. Dérision en clin d’œil, fantaisie en liberté contrôlée, il est tout simplement irrésistible.

Comme l’est d’ailleurs l’ensemble de ce spectacle mis en scène par Bernard Bloch avec le tact, la retenue et la justesse qui caractérisent son travail. Si cette belle « Hypothèse » de musique et d’humour passe près de chez vous, surtout ne la ratez pas et emmenez-y enfants, petits-enfants et grands parents.

L’Hypothèse Mozart de Frédéric Sounac, musique de W.A. Mozart, par le trio Art d’Echos, Ariane Granjon, Isabelle Lequien, Anne-Claude Moquet et Hubertus Biermann. Mise en scène Bernard Bloc, scénographie et costumes Charlotte Villermet – Production du Réseau Théâtre à Montreuil – 01 42 87 39 20

Crédits photos : Jean François Leclercq (1 & 3) - François Duconseille (2)

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