Paris, Lucernaire jusqu’au 31 décembre 2011
L’Apprentie Sage-femme de Karen Cushman
Une sacrée comédienne

Cette Alice n’est pas celle du pays des Merveilles. Elle n’a pas sa place dans le monde, elle n’intéresse personne, elle n’existerait pas si une sage-femme dure à la tâche et dure de langage ne la prenait sous sa protection. C’est en voyant naître les enfants qu’elle va naître elle-même et, un jour, elle qui ne sait rien faire, aide un nouveau-né à trouver le chemin de la vie… Ce texte de l’écrivain américain Karen Cushman, situé dans une Angleterre médiévale de convention, a été adapté par Philippe Crubézy, qui a su lui donner une densité d’œuvre dramatique. Félix Prader a tout centré sur la comédienne (le décor fruste est à peine visible). C’est en effet un étonnant moment d’interprétation : Nathalie Bécue opère sous nos yeux une belle métamorphose, de l’inexistence à l’existence, du malheur au bonheur, de l’enfance à l’âge adulte, de la laideur à la beauté. On ne résiste pas à cette puissance de jeu et à ce langage si chaleureux.
L’Apprentie Sage-femme de Karen Cushman, adaptation de Philippe Crubézy, mise en scène de Félix Prader, lumière de Cyril Hamès, avec Nathalie Bécue. Lucernaire, tél. : 01 45 48 91 10, jusqu’au 31 décembre. (Durée : 1 h 10).
© Bruno Steffen



